Actualisé 02.10.2013 à 20:22

Italie

Enrico Letta remporte le vote de confiance

Le gouvernement italien d'Enrico Letta a largement remporté un vote de confiance crucial organisé mercredi au Sénat, après la volte-face de Silvio Berlusconi.

Enrico Letta se réjouit du soutien des sénateurs.

Enrico Letta se réjouit du soutien des sénateurs.

Le gouvernement gauche-droite d'Enrico Letta a survécu mercredi à un vote de confiance au Sénat. Un volte-face de dernière minute de Silvio Berlusconi a permis que la motion de soutien à l'exécutif soit approuvée à une écrasante majorité: 235 voix pour, 70 contre.

Dans la soirée, 435 députés de la Chambre basse, où le président du Conseil dispose d'une majorité confortable, ont comme prévu voté à leur tour la confiance. Le «non» a recueilli 162 voix.

De nombreuses tractations ont eu lieu toute la matinée, après un discours très ferme de M. Letta qui a parlé de «risque fatal» pour l'Italie en cas de chute de son gouvernement. M. Berlusconi, selon son entourage, a changé d'avis à plusieurs reprises sur son vote. Lundi encore, il se disait déterminé à faire tomber le gouvernement.

Dernier à intervenir avant le scrutin, le Cavaliere (77 ans) est venu annoncer son ralliement in extremis au camp du «oui à Letta». Sa brève allocution a été accueillie par un silence de stupeur de son camp. M. Letta lui alors serré la main en signe de remerciement.

«Même si ma majorité politique sera peut-être différente de celle qui a voté la confiance, l'important c'est d'avoir clarifié la situation», a-t-il dit, en assurant qu'il était certain «de toute façon» d'obtenir la confiance.

La bourse s'est envolée après l'annonce de M. Berlusconi ( 1,4%) avant de revenir à une progression plus modérée ( 0,5% vers 15h30). Le marché obligataire était aussi orienté vers une détente (4,34%).

Fronde interne

«Le Cavaliere capitule, le PDL dans le chaos», titrait la «Stampa» qui parlait également de «drame humain» pour le Cavaliere, vu au Sénat se tenant la tête entre les mains. C'est en effet l'extension progressive d'une fronde interne à son parti, Peuple de la Liberté (PDL), qui l'a poussé à sa pirouette surprise.

Pour Maurizio Sacconi, un des sénateurs rebelles (23 avaient signé un document pro-Letta), le Cavaliere a dû «prendre acte du fait que seul un quart du parti était en faveur de la censure».

«Berlusconien autrement»

La rébellion s'est organisée en particulier autour du vice-Premier ministre Angelino Alfano. Un avocat sicilien de 42 ans que Silvio Berlusconi présentait jusqu'ici comme son dauphin.

M. Alfano, un des ministres contraints de démissionner mais également numéro deux du PDL, avait donné le «la» en disant vouloir être «berlusconien autrement». Puis il avait défié publiquement son mentor mardi soir en appelant «l'ensemble» des parlementaires du PDL à voter la confiance.

Pour Sandro Bondi, coordinateur du PDL, qui faisait partie des «faucons», Letta va se retrouver avec «un semblant de gouvernement». «Vous avez obtenu un seul résultat: celui de diviser le Peuple de la liberté», a-t-il dénoncé.

Regain de confiance

M. Letta a admis qu'il aurait désormais «une majorité différente» et sans doute plus exiguë. Mais, a-t-il assuré, «nous pouvons atteindre tous les objectifs fixés» en matière de relance de la croissance (économique), des investissements, de réforme électorale et de réduction de la fiscalité sur le travail.

Autre promesse: la présidence de l'Union européenne que l'Italie assurera dès le deuxième semestre 2014 devra «être centrée sur la croissance et l'emploi après une décennie d'austérité». Pour Christian Schulz, de la banque Berenberg, une victoire de M. Letta peut être synonyme de «regain de confiance pour l'Italie et l'ensemble de la zone euro».

Réaction européenne

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a salué un vote d'une «importance décisive» en Italie pour la zone euro et l'Union européenne.

«La Commission continue de penser que la stabilité politique est vitale pour l'Italie, et il est donc très positif que le gouvernement italien soit en mesure de continuer à mener les réformes qu'il a engagées», a indiqué M. Barroso dans un bref communiqué. (ats/afp)

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