Actualisé 24.02.2009 à 19:41

Lonay

«Entre chaque passe, il faut nettoyer la chambre»

Le patron d'un lupanar doit répondre devant la justice du tarif des chambres qu'il loue aux prostituées.

de
Joël Burri

Le Tribunal correctionnel de La Côte s'est penché mardi sur le tarif des chambres de passes. Au Lady Night, les prostituées reversent entre 70 et 100 fr. par demi-heure.

Le propriétaire des lieux depuis 2007 était convoqué devant les juges à la suite de la présence régulière dans son établissement de femmes roumaines et brésiliennes sans permis de travail. Mais le substitut du procureur a aggravé son accusation: il aurait profité de la situation de clandestinité de ces femmes pour leur imposer des tarifs «disproportionnés».

Les femmes pratiquant au Lady Night ne sont en effet pas employées par l'entreprise. Elle ne paient que la location des alcôves mises à leur disposition.

«En raison de leur situation, elles n'ont pas d'autre choix que d'accepter de payer de tels tarifs», a défendu le substitut. Il a donné l'exemple d'une masseuse, également logée par l'accusé, qui reverse 70% de son revenu. Par comparaison, il a relevé que le tarif d'un hôtel était de 80 fr pour toute une nuit, soit 5 fr. par heure. Un calcul contesté par Alain Vuithier, l'avocat de l'accusé. «Entre chaque passe, il faut nettoyer la chambre. Un hôtelier facture donc quasiment la même chose qu'un couple reste une heure ou toute la nuit.»

Le verdict sera rendu mercredi matin. Le substitut a demandé 18 mois de prison avec sursis ainsi qu'une amende de 200 000 fr. pour compenser les sommes indûment gagnées. Pour l'avocat, seul le fait d'avoir toléré des femmes en situation illégale mérite sanction.

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