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Baisse de moralQuand le Covid vient s’ajouter au «blues de novembre»

Entre les jours qui raccourcissent et le froid, cette période de l’année est connue pour être morose. Et avec la deuxième vague de coronavirus, les émotions peuvent se voir décuplées. Les psychologues donnent quelques astuces.

par
Lauren von Beust
En cette période d’automne 2020, la psychologue Florine Oury évoque «un effet de longueur qui commence à devenir pesant, mêlé à un climat de peur, de ras-le-bol généré par un surplus d’informations, souvent contradictoires, si bien que les gens ne savent plus à qui faire confiance.»

En cette période d’automne 2020, la psychologue Florine Oury évoque «un effet de longueur qui commence à devenir pesant, mêlé à un climat de peur, de ras-le-bol généré par un surplus d’informations, souvent contradictoires, si bien que les gens ne savent plus à qui faire confiance.»

Keystone 

Avec le passage à l’heure d’automne, les jours qui raccourcissent, le froid, la fin de l'année qui approche, le mois de novembre n’est d’ordinaire pas la période la plus dynamique. On parle d’ailleurs souvent du «blues de novembre», «prémisse de la dépression saisonnière qui, elle, se traduit par une humeur dépressive, une tristesse, une baisse d’énergie et de motivation, voire même l’apparition d’idées noires», explique Florine Oury, psychologue et membre du regroupement de Psychologues de Suisse romande, PsySolidaires. «On estime que 10% de la population présente une fatigue notable, se sent abattu et a une humeur triste», confirme Stephan Wenger, co-président de la Fédération Suisse des Psychologues (FSP).

Entre la peur et le ras-le-bol

Le blues de novembre, qui «se caractérise par une perte de motivation pour les activités qui donnent habituellement du plaisir», n’en est qu’accentué cette année chez les gens qui le ressentent: la deuxième vague de Covid-19 vient s’y ajouter… «Même si chacun de nous a ses propres sensibilités et ressources psychosociales, le contexte politique, économique et social auquel nous faisons face actuellement exige une adaptation constante et l’énergie que cela demande n’est pas à sous-estimer», confie Marion Coriton, psychologue et fondatrice de PsySolidaires. Florine Oury parle notamment d’«un effet de longueur qui commence à devenir pesant, mêlé à un climat de peur, de ras-le-bol généré par un surplus d’informations, souvent contradictoires, si bien que les gens ne savent plus à qui faire confiance.»

Et les chiffres en témoignent: «Selon une enquête menée auprès de nos membres, 46% déclarent que les demandes de conseils et de thérapies psychologiques ont augmenté, surtout après l'été, et 71% indiquent devoir refuser des patients parce qu'ils n'ont plus de disponibilité. C'est alarmant», déclare le co-président de la FSP. La Main Tendue fait état d’une augmentation de 3% des appels en septembre dernier par rapport à 2019 à la même période. Ces derniers temps, l’association suisse constate que les gens ont «le désir de partager leurs soucis, leur peur relative aux séquelles que peut causer le virus ou d’évoquer l’espace disponible à l’hôpital», détaille Sabine Basler, secrétaire générale de La Main Tendue.

Se donner un but

Il ne semble pas y avoir de remède miracle à cette période d’incertitude. Mais Marion Coriton y voit «tant un challenge qu’une réelle opportunité pour inventer de nouvelles manières d’être ensemble et d’être avec soi-même. Le contexte social ne pouvant plus être aussi ressourçant que d’habitude, à cause des mesures d’isolement et de distanciation sociale, celui-ci engendre un manque, et il est dès lors d’autant plus important de se tourner vers d’autres ressources Propres à chacun. Il s’agit donc de les identifier.

La psychologue Florine Oury développe: «Celles-ci peuvent être en lien avec notre famille, nos amis, nos loisirs. Il s’agit de les mobiliser, les entretenir, et de se faire plaisir comme on peut. Il faut être à l’écoute de soi, de ses besoins et de son corps.» En marge d’entretenir des contacts sociaux par téléphone ou vidéo, de se distraire et de se détendre, les psychologues conseillent de se fixer des objectifs. Car «avoir un but, un prochain événement dont on se réjouit, est un signe de bonne santé psychique», assure Stephan Wenger. Il convient donc de regarder vers l’horizon. «Et si votre moral est en berne, parlez-en !, incite Florine Oury. Il ne faut pas rester seul avec vos souffrances si cette période vous devient insupportable à vivre

Les fêtes qui approchent

De manière générale, les fêtes de fin d’année ont l’avantage «d’installer un climat festif qui aide à maintenir le moral à un bon niveau», déclare Florine Oury. Cependant, elles ne sont pas toujours bénéfiques. Elles peuvent en effet être synonyme de solitude pour certains ou source de stress, pour d’autres, entre les cadeaux à acheter, les repas à organiser et la décoration à imaginer. Actuellement, compte tenu des rassemblements limités et des voyages presque impossibles, les fêtes de Noël risquent d’être particulières pour tous, cette année. Quoi que l’ambiance ne soit pas tout à fait la même, les réunions virtuelles entre familles et amis autour du festin seront, elles, toujours possibles.

Pallier le manque de lumière

Stephan Wenger explique que« le manque de lumière est en partie responsable de la dépression hivernale». Et pour pallier ce manque, Florine Oury a une astuce: la luminothérapie. Selon elle, «dans certains cas, une vingtaine de minutes d’exposition à une lampe de luminothérapie par jour peut aider à améliorer l'humeur perturbée chez les patients souffrant de symptômes dépressifs en hiver.» Le co-président de la FSP pense que «l’exercice physique peut également aider» à mieux traverser cette période morose. Pratiqué à l’extérieur, il permet à la fois de nous aérer et de s’exposer à la lumière.

Bientôt un soutien psychologique gratuit ?

Au printemps, Florine Oury avait fondé le service COVID19-Soutien, grâce auquel plus de 670 personnes ont été accompagnées par des psychologues bénévoles durant deux mois et demi. La plateforme a fermé lorsque la vie a repris son cours, soit à la fin du semi-confinement. Mais en cette deuxième vague, la psychologue romande réfléchit actuellement à un autre moyen d’offrir du soutien psychologique gratuit et anonyme. S’il voit le jour, celui-ci pourrait ressembler à COVID19-Soutien et être hébergé par la plateforme PsychoApp.

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521 commentaires
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fée Clochette

15.11.2020 à 23:44

Vivement le printemps....

Ernest S.

15.11.2020 à 21:13

Près de 10 millions de personnes ont déjà été testées en quatre jours à Qingdao (15 octobre).. si on veut on peut, bref chez nous certains ne veulent pas laisser passer une bonne occase pour se remplir les poches.

LotoGogo

15.11.2020 à 20:21

J'ai pas gagné à la loterie et j'ai le blues. 🍾🍾🍾🍾