Actualisé 11.10.2009 à 17:00

Elections genevoises

Entre inquiétudes et critiques

Les réactions n'ont pas tardé, après la victoire du MCG aux élections genevoises. Les partis s'étonnent de cette réussite.

Ueli Leuenberger, président des Verts suisses, est très content du résultat de la section genevoise au Grand Conseil, soit un siège de plus selon des estimations. Mais il s'inquiète de la montée des populistes.

Le score des Verts genevois est l'un des meilleurs en Suisse au niveau du pourcentage. Seuls les médias misaient sur une grosse progression, souligne M.Leuenberger.

Il constate aussi que les Verts passent devant les socialistes, même si ce n'était pas le but en soi. D'après lui, à Zoug, c'est déjà la cas. Il compte sur un partenariat avec les socialistes pour la prochaine législature.

Ueli Leuenberger est surtout inquiet de la montée du populiste MCG. Il en fustige les dérives. Le président des Verts suisses regrette aussi que l'extrême-gauche n'obtienne vraisemblablement pas le quorum.

Les Verts genevois abasourdis

«Je prends acte mais je suis abasourdie par le score du MCG», a indiqué dimanche Anne Mahrer, présidente des Verts genevois. Les autres partis n'ont vraisemblablement pas pris assez en compte les difficultés des Genevois, selon Mme Mahrer.

Elle est aussi en colère contre l'extrême gauche qui une nouvelle fois n'atteint pas le quorum à cause de ses dissensions. Analysant le score des Verts (& 1 siège), elle relève une progression constante sur le long terme et s'en réjoui. Une telle progression se retrouve dans les autres cantons, relève Mme Mahrer.

Les critiques tombent

L'Entente critique l'absence de programme du Mouvement Citoyens Genevois (MCG), qui sort vainqueur des élections au Grand Conseil. Tant les libéraux que les radicaux et les démocrates-chrétiens s'inquiètent de savoir comment le centre-droit va trouver des majorités.

«Le discours du MCG a fait mouche auprès de la population», a indiqué à l'ATS le président du PDC genevois Fabiano Forte. Il constate que le MCG a pris une partie de l'électorat de l'Entente et attend désormais de ce parti la preuve par les actes. De son côté, Ivan Slatkine, chef du groupe libéral, se dit «consterné de voir qu'un parti sans programme gagne.»

Un avis partagé par le chef du groupe radical Frédéric Hohl, qui constate qu'un député MCG a «canibalisé les débats avec des phrases courtes.» Et de relativiser: «Les Genevois choisissent un parti populiste tous les 25 ans», a-t-il rappelé, faisant allusion à la percée de Vigilance en 1985.

Des solutions simplistes

«Le MCG a fait des promesse qu'il ne pourra pas tenir», a mis en garde dimanche le président du Parti socialiste genevois René Longet. Et de dénoncer les solutions simplistes d'un parti qui ne pourra plus mener une politique d'opposition avec 17 députés.

Ces solutions rencontrent un certain écho dans les milieux populaires, où le Parti socialiste recule, constate M. Longet. «Notre langage est considéré comme trop sophistiqué. Or il est difficile de simplifier les problèmes de cette manière», analyse-t-il.

Absence de réponses de la gauche

«Nous aurions atteint le quorum sans la liste emmenée par Christian Grobet», a indiqué à l'ATS le président de SolidaritéS Pierre Vanek. Un avis que ne partage pas du tout Christian Grobet, qui se félicite du «score remarquable» de 5,8% de sa liste Défense des aînés.

Christian Grobet est persuadé que la liste SolidaritéS - Parti du Travail n'aurait pas fait mieux s'il n'avait pas été là. Celle-ci a atteint près de 6,5%.

Pour M. Vanek, le succès du MCG auprès d'une partie de la population est dû à l'absence de réponse de la gauche. «Il y a un clair déficit en matière de projets sociaux et syndicaux dans les milieux populaires», a-t-il poursuivi en guise d'autocritique. Selon lui, le Mouvement Citoyens Genevois (MCG) joue sur l'absence de réponse sociale construite.

(ats)

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