Actualisé 16.10.2008 à 15:05

Elections américaines«Entre McCain et Obama, il faut choisir entre deux philosophies opposées»

Au sortir du troisième et dernier débat ente les deux candidats démocrate et républicain à la Maison Blanche, rien n'est joué.

de
Didier Bender

Politologue américain à l'Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement à Genève, Daniel Warner décortique pour 20 minutes online les prestations télévisées du candidat républicain John McCain et de son adversaire américain Barak Obama.

- Que pensez-vous du débat qui a opposé mercredi le candidat républicain John McCain à son adversaire démocrate Barack Obama?

- C'était un bon débat assez animé qui a répondu à plusieurs sujets importants. Ils ont parlé de la crise économique, du système de santé ou encore de l'éducation. Surtout, ils se sont confrontés, c'est-à-dire qu'ils ont parlé l'un contre l'autre. Je trouve que c'était plus animé et direct que les autres débats.

- Comment avez-vous trouvé la prestation des deux candidats?

- Au début du débat, j'ai trouvé McCain plus fort sur les questions économiques. Il était très clair. Il donne l'impression de quelqu'un qui sait de quoi il parle. Il semble mieux maîtriser la situation qu'Obama. Il est ensuite devenu trop agressif et trop négatif par rapport à Obama et ses positions. Il faut avoir du tempérament et de la passion. J'ai trouvé Obama pas assez passionné et trop monotone. Il n'a pas répondu directement aux agressivités de McCain, c'était peut-être une bonne stratégie.

- Les deux candidats vous ont-ils surpris?

- Je trouvais que chaque candidat est resté fidèle à lui-même. Obama était très discipliné et professoral. A mon avis, il a manqué de passion. MacCain a une réputation d'être impatient et plein de tempérament. Les Américains n'aiment pas cela, en tout cas pas dans une situation de crise économique comme celle que traverse actuellement le pays.

- Quelle importance accordez-vous à ces débats télévisés?

Je ne crois pas qu'il faut leur accorder trop d'importance. Il y a toujours la question du racisme. C'est un point important et inconnu dans cette campagne. Lors de certaines élections, nous avons eu des gens qui ont dit qu'ils allaient voter pour un candidat afro-américain, et qui lorsqu'ils votaient, ont changé d'avis.

- Quelle est la clé de cette élection du 4 novembre?

- Maintenant, la clé, c'est l'économie. La situation actuelle sert énormément les intérêts d'Obama. A mon avis, dans la situation actuelle, il faut avoir un certain équilibre et ne pas réagir très vite. Cela fait peur dans ces moments de crise. S'il y a une attaque d'Al Quaïda aux Etats-Unis par exemple, les questions de sécurité vont revenir sur le tapis. Nous l'avons vu avec la Russie et la Géorgie. Sur la question de la sécurité ou de la guerre en Irak, McCain est plus fort.

- Sur quels points, les candidats s'opposent?

- McCain a dit de couper les impôts pour les personnes fortunées ou grandes entreprises, Obama a toujours parlé de classe moyenne. Il parle beaucoup de l'éducation et de la santé, McCain parle de sécurité. Quand Obama parle de l'intervention du gouvernement, McCain parle de moins de gouvernement

- Selon vous, l'élection sera-t-elle serrée?

- Je ne fais pas de pronostic. Sur l'ensemble des trois débats, je trouve la prestation d'Obama plus positive. Dans une situation de crise, on ne veut pas avoir quelqu'un de trop impatient et impulsif. Mais il y a encore beaucoup de choses qui peuvent changer d'ici le 4 novembre. On ne sait jamais comment les gens vont voter. Il y a des «swing states» (littéralement Etat bascule), notamment dans le Sud, où ces questions raciales peuvent jouer un rôle. Je pense à la Floride ou la Virginie par exemple.

- Les Américains vont devoir choisir entre deux candidats que tout oppose…

- Sur leurs positions ou sur comment il faut gérer le pays, il existe des différences fondamentales entre McCain et Obama. MacCain est un vrai républicain et conservateur, Obama un vrai libéral. La différence entre républicain et démocrate est plus marquée que d'habitude. Les positions des deux candidats sont très claires. Pour le peuple américain, il y a un vrai choix à faire, Derrière les discours, deux philosophies s'opposent sur la manière de gouverner le pays.

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