Chine: Entreprises européennes toujours moins optimistes
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ChineEntreprises européennes toujours moins optimistes

Entre une croissance en ralentissement, des tracasseries administratives et des soucis avec internet, les sociétés implantées en Chine ne voient pas l'avenir en rose.

Les entreprises européennes se montrent cette année nettement moins optimistes sur l'économie chinoise, et restent peu convaincues par les réformes d'ouverture promises par Pékin, déplorant un environnement juridique instable et un Internet de plus en plus entravé, selon une enquête publiée mercredi. Même si elle se maintient autour de 7%, le vif ralentissement de la croissance dans la deuxième économie mondiale n'épargne pas les firmes étrangères.

Seules 28% des 541 entreprises de l'Union européenne sondées par la Chambre de commerce de l'UE en Chine sont optimistes quant à leurs perspectives de rentabilité dans le pays, contre 31% l'an dernier.

Réductions d'effectifs prévues

Et si 58% restent confiantes dans la robustesse de l'économie chinoise, c'est un net recul par rapport aux 68% constatés en 2014. «Un plus bas inédit», selon le rapport.

D'après cette enquête annuelle de la Chambre, seules 56% des entreprises européennes envisagent de développer leurs opérations en Chine (contre presque 90% il y a deux ans), et plus de 60% se préparent à réduire leurs effectifs dans le pays.

«Les entreprises présentes depuis longtemps tendent à être moins optimistes – par rapport aux nouveaux venus concentrés dans les services et nouvelles technologies», secteurs résistant mieux, a indiqué à l'AFP Jörg Wuttke, président de la Chambre.

La majorité (78%) considèrent le renforcement du système juridique promis par Pékin comme le facteur le plus crucial pour leur performance économique.

Tracasseries administratives

Mais la litanie des complaintes s'éternise par rapport aux années précédentes: environnement juridique instable, complications administratives kafkaïennes et application arbitraire des règlements.

«Les résultats sont très mitigés, entre les réformes promises à Pékin» et leur exécution aléatoire localement, déplore Jörg Wuttke.

«C'est dans les services que, précisément, le gouvernement veut promouvoir (dans son rééquilibrage du modèle économique), qu'il y a le moins d'ouverture aux étrangers», ajoute-t-il.

Un gros tiers des sondés estime que l'ambitieux agenda de réformes du Premier ministre Li Keqiang «n'a pas encore généré une quelconque équité de traitement pour les entreprises étrangères», observe le rapport.

Certes, les tapageuses enquêtes anticorruption et anti-monopoles lancées contre des multinationales pharmaceutique, agroalimentaire et automobile se sont calmées, mais la Chambre pointe toujours la concurrence inégale avec les groupes étatiques.

Pour 74% des sondés, l'âcre pollution atmosphérique des métropoles chinoises reste un problème majeur pour attirer des expatriés.

Internet trop lent et trop surveillé

Enfin, pour près de 60% des entreprises, la lenteur du réseau internet et la censure de plus en plus étendue sur le web – bloquant sites, messageries et moteurs de recherche – ont un impact sérieux sur leur activité.

«Non seulement internet est lent, mais il ne permet pas aux entreprises de mener leurs recherches légitimes», a souligné Jörg Wuttke, notant que la proportion de firmes possédant un centre de R&D en Chine n'avait «absolument pas progressé en cinq ans».

(afp)

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