Birmanie: Environ 14'000 détenus remis en liberté
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BirmanieEnviron 14'000 détenus remis en liberté

La Birmanie a relâché quelque 14'000 détenus, mardi, en raison d'une amnistie.

Des détenus recouvrent la liberté, en Birmanie

Des détenus recouvrent la liberté, en Birmanie

Le nouveau gouvernement civil birman a commencé mardi à libérer environ 14'000 détenus et à commuer les peines de milliers d'autres. Ces mesures entrent dans le cadre d'une amnistie dénoncée par les détracteurs du régime comme une opération de communication destinée à redorer l'image internationale de la junte au pouvoir.

Les militants soulignent que la grande majorité des prisonniers remis en liberté sont des détenus de droit commun et que très peu d'entre eux sont des prisonniers politiques. Les groupes de défense des droits humains estiment à au moins 2200 le nombre de détenus politiques dans le pays.

L'amnistie a été annoncée par le président Thein Sein quelques jours après la visite de l'émissaire spécial des Nations unies Vijay Nambiar, qui a demandé la libération de tous les prisonniers politiques.

Cette mesure est également exigée par les pays occidentaux, qui imposent des sanctions économiques au pays pour dénoncer les atteintes aux droits de l'homme.

Peines capitales commuées

Le décret présidentiel stipule que toutes les peines capitales sont commuées en peines de réclusion à perpétuité. Le directeur de l'administration pénitentiaire, Zaw Win, a déclaré que les 14'000 prisonniers seraient libérés ce mardi.

Environ 2000 détenus sont sortis de la prison d'Insein, à Rangoun, mais parmi eux ne figureraient que deux prisonniers politiques, d'après les militants des droits humains.

Selon les statistiques officielles, la Birmanie compte environ 60.000 détenus répartis dans 42 prisons et 109 camps de travail. Les autorités cherchent à attirer des capitaux étrangers et nient l'existence de prisonniers politiques.

Pouvoir civil

Les militaires qui dirigent la Birmanie ont ouvert la voie fin mars à l'instauration d'un pouvoir exécutif civil, mesure consécutive aux législatives controversées de novembre dernier.

L'annonce, signée par le numéro un de la junte, le général Than Shwe, précise que le nouveau parlement a approuvé un nouveau président, deux vice-présidents et 30 ministres pour une durée de cinq ans.

L'assemblée, principalement composée de militaires en exercice ou à la retraite, a également approuvé la dissolution du puissant Conseil d'Etat pour la paix et le développement (CEPD), qui cède la place à une nouvelle administration.

Ce conseil apparu en 1997 est une émanation de l'institution militaire à l'origine du coup d'Etat de 1962 et disposant de la totalité des pouvoirs.

(ats)

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