Etude: Environnement: pourquoi nous n'agissons pas
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EtudeEnvironnement: pourquoi nous n'agissons pas

Un professeur genevois a listé les causes qui nous empêchent de prendre la question du climat à bras le corps.

Malgré les marches, grèves et autres actions pour le climat (comme ici à Lausanne, le 17 janvier 2020), l'être humain peine à prendre des actions concrète, selon une étude.

Malgré les marches, grèves et autres actions pour le climat (comme ici à Lausanne, le 17 janvier 2020), l'être humain peine à prendre des actions concrète, selon une étude.

Keystone/Jean-christophe Bott

Les gens ont souvent de la peine à modifier leur comportement pour contrer le changement climatique. Tobias Brosch, professeur de psychologie à l'Université de Genève (UNIGE), a inventorié les barrières qui empêchaient les individus d'agir. Il propose aussi des pistes pour les surmonter.

Pour le chercheur genevois, les obstacles se répartissent en cinq catégories. Le professeur s'est basé sur plus de 400 études de psychologie, de neurosciences, de sciences affectives ou encore d'économie comportementale pour établir sa liste, a fait savoir l'UNIGE dans un communiqué.

Trop difficile à cerner pour notre cerveau

Une des difficultés concerne la perception du problème. Le cerveau humain peine à appréhender un phénomène comme le changement climatique, qu'on ne peut ni sentir et encore moins toucher directement. La réalité virtuelle pourrait dans ce cas aider à une prise de conscience des conséquences d'une hausse des températures.

Une autre barrière touche les intérêts propres immédiats. Des personnes ne voient pas en quoi changer de comportement est bénéfique pour elles. Aux yeux de Tobias Brosch, il faudrait, pour ces gens, mettre en avant les avantages directs d'une modification des habitudes, à l'instar de savoir que faire du vélo est bon pour la santé.

Grève du climat avec Greta Thunberg à Davos

Greta Thunberg a marché avec une trentaine de personnes dans les rues de Davos. Bien moins que la centaine de journalistes présents. "Merci Greta", criaient certaines personnes. "Elle est là", glissaient des jeunes. Au-delà du slogan habituel sur la justice climatique, des banderoles demandaient de sauver l'Amazonie ou de lutter contre la montée des océans.

Pas envie d'être le seul à se «sacrifier»

Un autre gros obstacle est social. Il est difficile de renoncer à quelque chose alors que son voisin ne fait rien pour protéger le climat. Pour le professeur genevois, la solution serait de communiquer un maximum sur le fait que de nombreuses personnes agissent en faveur du climat, afin d'augmenter la mobilisation.

Tobias Brosch estime, dans ce domaine, que l'effet Greta Thunberg est «un bon moteur». Mais l'activisme de la jeune Suédoise, surtout auprès de la nouvelle génération, ne sera pas suffisant pour provoquer un tournant citoyen, relève-t-il. Les autorités politiques doivent aussi s'engager à mieux communiquer sur les actions possibles.

Ce travail de Tobias Brosch entre dans le cadre du Geneva Science-Policy Interface (GSPI), dont le but est «de synthétiser la littérature scientifique publiée dans un domaine particulier, la vulgariser et la transmettre aux bonnes personnes. Le professeur genevois participera à une table ronde au Palais des Nations la semaine prochaine. (ats)

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