BNS: Epargne, inflation, propriétaires: les effets de la hausse du taux directeur

Publié

BNSÉpargne, inflation, propriétaires: les effets de la hausse du taux directeur

La décision de la Banque nationale aura des impacts sur une grande part de la population, mais ceux-ci ne seront pas forcément immédiats.

Personne retirant de l’argent à un bancomat, le 26 janvier 2021.

Personne retirant de l’argent à un bancomat, le 26 janvier 2021.

20min/Marvin Ancian

La Banque nationale suisse (BNS) a mis fin à l’ère du taux négatif. Jeudi, elle a fait passer le taux directeur de -0,25% à +0,5%. Son but: lutter contre l’inflation. Avec le retour des taux positifs, garder son argent rapportera à nouveau. L’incitation à faire de l’épargne plutôt qu’à consommer ou investir doit contenir la surchauffe économique et faire baisser la pression sur les prix. Ce faisant, le risque existe de faire entrer des économies nationales en récession. Des conséquences seront concrètes pour la population et les entreprises. On fait le tour en quelques points.

Vos comptes bancaires

Le passage du taux directeur de la BNS du côté positif n’implique pas automatiquement que les banques vont dès aujourd’hui elles aussi toutes remettre des taux d’intérêt positifs sur les comptes bancaires. Mais, selon l’économiste Karsten Junius, «il devrait bientôt à nouveau y avoir des intérêts sur les comptes épargne». Par contre, selon Philipp Burckhardt de la banque Lombard Odier, ce sont d’abord les plus gros clients des banques qui en profiteront.

L’impact sur les propriétaires et les crédits

La hausse du taux risque de poser souci à certains propriétaires. L’économiste Charles Wypolsz, interrogé par la RTS, rappelle que ceux qui ont une hypothèque à taux fixe ne verront rien changer, tandis que ceux qui en ont une à taux variable pourraient voir leurs frais augmenter. Karsten Junius ajoute que, globalement, le financement à crédit deviendra plus cher.

Et les locataires?

Les locataires ne sont pas censés voir de gros impacts. Par contre, la hausse des taux pour les crédits et hypothèques pourrait entraîner une baisse de la construction. Avec une offre plus restreinte, la loi de l’offre et de la demande étant ce qu’elle est, les loyers pourraient augmenter. Mais cet effet-là, ce sera donc pour plus tard.

La force du franc, le commerce et le tourisme

L’impact de la décision de la BNS sur la force du franc sera limité, notamment parce que la plupart des banques centrales font de même en ce moment. Le franc reste très fort par rapport notamment à l’euro. Les entreprises exportatrices restent impactées. Pour les Suisses qui se rendent en vacances dans la zone euro, par contre, c’est censé être le jackpot. Mais comme ces pays sont concernés par une inflation plus forte que celle en Suisse, finalement, la situation ne change pas grand-chose non plus.

L’inflation

Le but premier de la BNS est de contenir l’inflation, et donc à stopper la hausse des prix pour les consommateurs. Pourtant, là aussi, les effets positifs se feront attendre. Dans son communiqué, la BNS dit d’ailleurs que, avec le nouveau taux qu’elle a fixé, l’inflation va se poursuivre, même si elle doit ralentir. En 2024, avec le taux fixé ce jour, elle serait toujours de 1,7%. Il n’y a donc aucune baisse des prix à l’horizon et de nouvelles hausses de taux ne sont donc pas exclues.

(fpo/ywe)

Ton opinion

98 commentaires