Genève - «Épuisé», le personnel d’un EMS exige plus de moyens
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Genève«Épuisé», le personnel d’un EMS exige plus de moyens

À la Maison de Vessy, des employés ont réclamé davantage d’effectifs et un meilleur traitement salarial. «C’est le début d’un combat dans tous les EMS», selon les syndicats.

par
David Ramseyer
Devant leur EMS, une cinquantaine de collaborateurs ont dénoncé leurs conditions de travail, mardi 4 mai 2021. 

Devant leur EMS, une cinquantaine de collaborateurs ont dénoncé leurs conditions de travail, mardi 4 mai 2021.

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«Il y a le feu dans la Maison de Vessy», a alerté Komla Kpogli, secrétaire syndical à Syna, en écho à la manifestation mardi matin d’une cinquantaine de collaborateurs de l’établissement médicosocial (EMS). En «manque de reconnaissance», «épuisées», des aides-soignantes ont ainsi dénoncé leurs conditions de travail. «Nous n’avons plus le temps de discuter ni de rassurer les résidents. Le côté relationnel avec eux en a pris un coup, s’est émue l’une d’elles. On nous demande de plus en plus d’effectuer des tâches annexes, comme le nettoyage des tables ou le brancardage.» Depuis le début de la période Covid, les choses n’ont fait qu’empirer, ont affirmé des employés.

«Inégalité» et justice

Appuyés par leurs syndicats, ces derniers ont aussi réclamé au Conseil d’Etat la mise en application complète de l’initiative 125, acceptée par près de 60% des Genevois en 2007. Le texte devait renforcer les effectifs pour couvrir 100% des besoins en EMS; soit les soins, mais aussi l’animation et l’encadrement socio-hôtelier. «On est très en-dessous de ce qu’on devrait avoir!», s’est écrié un collaborateur. Autre exigence: le paiement de la prime gériatrie (400 à 600 francs mensuels). Accordée dans certains établissements, elle ne l’est pas dans d’autres, selon Yves Mugny, d’Avenir syndical: «Il y a donc une inégalité de traitement.»

Enfin, les protestataires ont exigé que leur temps d’habillage soit comptabilisé comme temps de travail, tel que l’ont considéré en 2019 le Secrétariat d'Etat à l'économie et un récent jugement des Prud’hommes zurichois. «Cela représente vingt minutes par jour», a calculé Sabine Furrer, secrétaire syndicale au Syndicat des services publics. En tout état de cause, la manifestation à Vessy n’était que «le début d’un long mouvement, dans tous les EMS, a averti Komla Kpogli. Un personnel pareillement sous pression, c’est inacceptable.»

Contacté, le Département de la santé a indiqué qu’il répondrait ultérieurement à ces questions.

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