Présidentielle: Equateur: un scrutin crucial pour la gauche
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PrésidentielleEquateur: un scrutin crucial pour la gauche

L'ancien vice-président Moreno et l'ex-banquier Guillermo Lasso se disputent le second tour de la présidentielle, dimanche.

«Le 2 avril, nous n'avons que deux options: voter pour le continuisme ou voter pour le changement», a lancé jeu ile candidat Guillermo Lasso, réitérant sa promesse de créer un million d'emplois et de supprimer des impôts. (Photo d'archives)

«Le 2 avril, nous n'avons que deux options: voter pour le continuisme ou voter pour le changement», a lancé jeu ile candidat Guillermo Lasso, réitérant sa promesse de créer un million d'emplois et de supprimer des impôts. (Photo d'archives)

AFP

Les Equatoriens votaient dimanche pour élire le successeur du président Rafael Correa. Ils devaient décider de garder le cap d'une décennie de socialisme ou de virer à droite, lors d'un scrutin déterminant pour une gauche affaiblie en Amérique latine.

Après les basculements conservateurs de l'Argentine, du Pérou et du Brésil, le scrutin a été ouvert à 07H00 (14H00 suisses) pour ce second tour, inédit depuis la première élection de Rafael Correa en 2006. La campagne, émaillée d'allusions à la crise vénézuélienne, s'est tendue suite au «coup d'Etat» reproché au président socialiste Nicolas Maduro.

Le sort du fondateur du site internet WikiLeaks, Julian Assange, réfugié à l'ambassade d'Equateur à Londres depuis juin 2012, dépend aussi du résultat de l'élection dans ce petit pays andin.

Un socialiste face à un ex-banquier

Plus de 12,8 millions d'électeurs devaient, sous peine d'amende, se rendre avant 17h00 aux urnes. Ils avaient le choix entre l'ancien vice-président socialiste Lenin Moreno et l'ex-banquier Guillermo Lasso, crédités de respectivement 39,36% et 28,09% des suffrages le 19 février.

Dénonçant «la dictature» de Rafael Correa, M. Lasso, 61 ans, n'a cessé d'agiter l'épouvantail du Venezuela, où la Cour suprême a fait main basse sur les attributions du Parlement et octroyé des pouvoirs élargis au chef de l'Etat, avant de reculer samedi sous la pression de manifestations et de protestations internationales.

«Le 2 avril, nous n'avons que deux options: voter pour le 'continuism' ou voter pour le changement», a lancé M. Lasso en clôturant la campagne jeudi, réitérant sa promesse de créer un million d'emplois et de supprimer des impôts.

Apôtre d'une politique sociale mais moins polémique que son charismatique mentor, M. Moreno, 64 ans, a axé son ultime discours contre la corruption, allant jusqu'à promettre «une chirurgie radicale (...) aux corrompus de ce gouvernement», «aux corrompus d'hier et de maintenant».

Sondages: un «nul technique»

Favori des sondages, dont la diffusion est interdite dix jours avant le scrutin, Lenin Moreno, candidat de l'Alliance Pais au pouvoir, affichait de quatre à 14 points d'avance sur son adversaire du mouvement Créant des opportunités (Creo, «Je crée/Je crois» en espagnol).

Toutefois, de récentes enquêtes non publiées «font état d'un nul technique à quasiment 50/50, mais avec une légère tendance en faveur de Lasso qui pourrait aller en augmentant», a précisé à l'AFP Santiago Basabe, politologue de la Faculté latino-américaine de sciences sociales (Flacso).

Aux législatives du 19 février, AP a perdu sa majorité des deux tiers, tout en conservant la majorité absolue à l'Assemblée. Elle a le soutien des classes populaires, bénéficiaires des programmes de la «Révolution citoyenne» et du «Socialisme du XXIe siècle» corréiste.

Un vote économique

Ayant enchaîné trois mandats, le président sortant a mis à profit la manne pétrolière pour moderniser l'Equateur. Mais il lui est reproché de l'avoir gaspillée, outre des cas de corruption impliquant d'ex-collaborateurs et qui éclaboussent son vice-président Jorge Glas, candidat à la réélection.

M. Lasso, lui, séduit des classes moyennes affectées par la crise due à la chute des cours du brut et lasses de la confrontation de M. Correa avec les milieux d'affaires, les médias ou les multinationales. Lenin Moreno accuse «le candidat banquier» de s'être enrichi pendant la grave crise financière de 1999 alors qu'il était aussi ministre de l'Economie.

Les électeurs vont surtout décider en fonction de leur situation économique, «thème le plus important à l'heure de voter», selon Paolo Moncagatta. Ce politologue de l'université privée San Francisco souligne le poids du «vote anti-corréiste» d'une classe moyenne «fatiguée (...) du style du président».

Son successeur prendra ses fonctions le 24 mai. «Quel que soit le vainqueur, il y aura un ajustement économique», avertit Santiago Garcia, économiste de l'Université Centrale, relevant une légère différence: «Un candidat propose un ajustement plus social, l'autre un peu plus dur» qui se base «sur la loi du marché». (nxp/afp)

(NewsXpress)

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