Mobilisation aux Pâquis: Eradiquer la violence ne suffira pas
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Mobilisation aux PâquisEradiquer la violence ne suffira pas

Souillures, bruit, incivilités: des habitants veulent améliorer la qualité de vie dans leur quartier.

par
Irène Languin

«Ça pue et on étouffe. Sans compter qu'on ne dort plus depuis des années.» Excédé par «l'incontrôlable transformation» de leur quartier, le collectif «Bien vivre aux Pâquis», fort de 120 citoyens, souhaite de meilleures conditions de vie pour les habitants. Il a écrit à la Ville et au Canton pour réclamer la mise en place de mesures urgentes dès cet été.

La surveillance accrue du bruit et du parcage sauvage la nuit, ainsi que l'installation de plusieurs WC publics, font partie des exigences de ces citoyens en colère. Lesquels s'inquiètent aussi de la surdensification du quartier. «Nous sommes las de l'instrumentalisation de la violence par des politiques», martèle Luc Gilly, du collectif. Sans nier le problème,­ il souligne que le vacarme nocturne dû aux fêtards est plus nuisible. D'autant que des noceurs n'hésitent pas à uriner en pleine rue, contre les portes d'immeubles. Un fait confirmé, un matin de juillet, vers 11 h, à la rue de la Navigation: une femme qui déambulait s'est soudain accroupie pour se soulager contre un arbre...

«Bien vivre aux Pâquis» souhaite être associée aux discussions concernant le quartier. «Une commission tripartite­ incluant les autorités cantonales et municipales et notre collectif est indispensable», affirme Marguerite Contat Hickel. La démarche a déjà été prise en sympathie par le président du Grand Conseil. «Ces demandes sont raisonnables et justifiées, réagit Guy Mettan. Et pas très difficiles à réaliser.» Le Conseil d'Etat et le Conseil administratif prendront connaissance de la lettre lors de leur prochaine séance, à la fin du mois.

L’opération Figaro convainc à moitié

L’action de lutte contre l’insécurité, lancée il y a trois mois par la police cantonale genevoise, laisse des membres de «Bien vivre aux Pâquis» scep­tiques. Depuis le début de l’opération Figaro, la situation est certes «plus calme», mais d’aucuns qualifient d’«autocongratulation» le bilan intermédiaire très positif présenté par la conseillère d’Etat Isabel Rochat en juin. Le collectif déplore aussi que d’autres projets, comme l’ouverture permanente du poste de Pécolat, aient été reportés à 2011.

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