Sommet humanitaire: Erdogan en appelle à la responsabilité de chacun
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Sommet humanitaireErdogan en appelle à la responsabilité de chacun

La première réunion mondiale sur les crises humanitaires s'est ouverte à Istanbul. Quelque 6000 personnes y participent.

Recep Tayyip Erdogan ouvre la première conférence humanitaire mondiale à Istanbul.

Recep Tayyip Erdogan ouvre la première conférence humanitaire mondiale à Istanbul.

photo: Reuters

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé lundi à mieux partager le «fardeau» des crises mondiales, à l'ouverture du premier sommet humanitaire mondial à Istanbul. Cette réunion vise à améliorer la manière de répondre aux crises humanitaires.

«Le système actuel a des insuffisances (...), le fardeau n'est porté que par certains pays», a déploré le président turc, hôte du sommet, en rappelant que son pays accueillait environ trois millions de réfugiés.

«Façonner un avenir différent»

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a invité les 6000 participants à cette réunion à «façonner un avenir différent». Le monde connaît sa plus grande crise humanitaire depuis l'après-guerre, avec environ 60 millions de déplacés et 125 millions de personnes ayant besoin d'aide.

«Je vous exhorte à vous engager sur une réduction de moitié des personnes déplacées d'ici 2030 et de trouver de meilleures solutions à long terme pour les réfugiés et les déplacés sur la base d'un partage plus équitable des responsabilités», a-t-il lancé. «Ce n'est pas une tâche aisée» et il faudra «une volonté politique d'une ampleur que nous n'avons pas vue ces dernières années».

Eviter les phrases creuses

Les engagements pris à ce sommet ne seront toutefois pas contraignants, ce qui a suscité le scepticisme de bon nombre d'acteurs de l'humanitaire. Anticipant une «déclaration de bonnes intentions» et aucune avancée concrète, Médecins Sans Frontières (MSF) a même décliné l'invitation.

Mais les organisateurs se voulaient résolument optimistes, avec à cet égard une cérémonie d'ouverture rythmée à laquelle a notamment pris part l'acteur Daniel Craig. L'interprète de James Bond a exhorté les responsables présents à se garder des «phrases creuses» qui ne seraient pas suivies d'actes.

Le sommet de deux jours veut engendrer une série d'actions et d'engagements pour éviter les conflits, faire respecter le droit international humanitaire et garantir des sources de financement stables pour les projets humanitaires. «Très souvent, des promesses de dons sont faites, mais l'argent ne suit pas», a déploré la chancelière allemande Angela Merkel. «Cela doit cesser».

Prévention

Le vice-secrétaire général de l'ONU, Jan Eliasson, a de son côté regretté que l'accent ne soit pas mis sur la prévention des conflits. Il est nécessaire, selon lui, de «passer d'une situation dans laquelle on s'attaque aux symptômes à une situation dans laquelle on s'attaque aux causes profondes».

Un appel relayé par Didier Burkhalter. «Il est grand temps que nous placions tous l'humanité au coeur de nos politiques», a exhorté le conseiller fédéral. Dans son discours, le Neuchâtelois a souligné l'importance de mettre un terme aux conflits et rétablir la paix, «meilleurs moyens d'arrêter les souffrances».

La France, présidente de la COP21, a quant à elle mis l'accent sur les conséquences des dérèglements du climat. «Lutter contre la crise climatique, c'est agir pour prévenir les conflits», a déclaré la ministre française de l'Ecologie, Ségolène Royal.

Limites du système

Plusieurs conflits dans la région, notamment en Syrie, illustrent de manière criante les limites du système humanitaire actuel. «Nous avons besoin d'un nouveau consensus international en faveur du respect du droit international humanitaire», a insisté Mme Merkel. «Que ce soit en Syrie ou ailleurs, nous voyons que des hôpitaux et des centres (de soins) sont systématiquement bombardés», a-t-elle déploré.

«Tant que des hôpitaux seront bombardés de façon répétée et que des civils seront impunément pris pour cibles, il est absurde d'attendre que la réponse humanitaire s'améliore», a souligné le secrétaire général d'Amnesty International, Salil Shetty.

Le directeur général d'Oxfam Grande-Bretagne, Mark Goldring, a averti quant à lui que le sommet, s'il veut être «autre chose qu'un coûteux forum de discussion», devra «s'attaquer aux échecs répétés des Etats dans le règlement des conflits et mettre fin à la culture de l'impunité qui permet de tuer des civils sans subir de conséquences». (nxp/afp)

(NewsXpress)

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