Actualisé 31.10.2014 à 22:06

Moyen-Orient

Erdogan: «On ne parle que de Kobané»

Le président turc a renouvelé vendredi ses critiques contre la coalition internationale luttant contre l'Etat islamique (EI), lui reprochant de ne se concentrer que sur la ville kurde syrienne.

«Pourquoi pas d'autres villes, pourquoi pas Idlib (nord de la Syrie)?», a affirmé M. Erdogan à Paris, où il était reçu par le président français François Hollande. «On ne parle que de Kobané, qui est à la frontière turque et où il n'y a presque plus personne à part 2000 combattants», a-t-il ajouté, visiblement très remonté.

«ll n'y a pas que Kobané, M. Erdogan a raison. Il y a d'autres villes qui sont aujourd'hui menacées par Daesh (ndlr, acronyme arabe de l'EI) en Syrie», a concédé M. Hollande.

Alep, ville-clé

Le président français a ajouté que, pour son pays, «la ville qui est clé parmi toutes, c'est en ce moment Alep», deuxième ville de Syrie (nord). Toutefois, «même si Kobané a été vidée de sa population, il y a la nécessité de lui d'apporter les renforts nécessaires et nous faisons là-dessus confiance à la Turquie», a poursuivi M. Hollande.

La coalition emmenée par les Etats-Unis a mené quatre nouvelles frappes contre l'EI jeudi et vendredi dans le secteur de Kobané. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), au moins 21 jihadistes, dont un Danois, ont été tués dans ces dernières frappes.

Renforts à Kobané

Sous la pression insistante des Etats-Unis, le gouvernement turc a donné la semaine dernière son feu vert au passage sur son territoire d'un petit contingent de combattants peshmergas kurdes d'Irak pour rejoindre Kobané. Ankara ne veut toutefois pas aller plus loin et refuse de venir militairement en aide aux forces kurdes combattant les jihadistes de l'EI dans la ville syrienne.

Les défenseurs kurdes de Kobané espèrent que les renforts des peshmergas irakiens, attendus avec des armements lourds, leur permettront d'inverser le cours de la bataille après plus de 40 jours de siège par les jihadistes.

Une avant-garde de dix peshmergas s'est brièvement rendue dans la ville jeudi pour tenter de mettre au point une stratégie commune avec les chefs des Unités de protection du peuple kurde (YPG) qui défendent cette ville adossée à la frontière turque.

Vendredi soir, quelque 150 combattants kurdes irakiens sont entrés à Kobané, assiégée depuis six semaines par les jihadistes, a indiqué l'OSDH. Leur entrée dans la ville a été précédée par de nouvelles frappes des forces de la coalition contre des positions jihadistes à Kobané, a précisé le directeur de cette ONG Rami Abdelrahmane.

Avancée à Homs

De leur côté, les jihadistes se sont emparés jeudi d'un champ gazier dans la province syrienne de Homs, après trois jours de violents combats avec les forces du régime. Selon l'OSDH, ils contrôlent l'ensemble des puits, mais des soldats se trouvent encore dans quelques bâtiments.

Pendant ce temps, les combattants étrangers continuent de se rendre en Syrie au rythme d'un millier par mois, un record, en dépit de la campagne aérienne menée par les Etats-Unis contre l'EI, ont indiqué des responsables américains vendredi.

Combattants étrangers

Le nombre d'étrangers partis grossir les rangs de groupes armés en Syrie est bien plus élevé que la proportion d'étrangers partis combattre au Yémen, en Afghanistan ou en Somalie, souligne un responsable du renseignement. L'antiterrorisme américain estime leur nombre à 16'000, dont une bonne partie au sein de l'EI. «Et la tendance est à la hausse», explique cette source.

Un rapport de l'ONU cité vendredi par le quotidien britannique «The Guardian» fait état d'environ 15'000 jihadistes étrangers provenant de 80 pays qui se sont rendus ces dernières années en Syrie et en Irak pour combattre dans les rangs de groupes comme l'Etat islamique.

Ce document souligne que les activités des organisations jihadistes se concentrent surtout dans les pays dans lesquels elles opèrent. Il insiste toutefois sur le danger que pourraient représenter ces jihadistes une fois rentrés dans leur pays d'origine. (ats)

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