Coup d'Etat manqué: Erdogan poursuit ses purges
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Coup d'Etat manquéErdogan poursuit ses purges

Pas loin d'un millier de fonctionnaires turcs ont été virés ce vendredi, toujours en lien avec le putsch manqué.

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La Turquie commémore lundi la mise en échec d'une sanglante tentative de coup d'Etat visant à renverser le président Recep Tayyip Erdogan. (15 juillet 2019)

La Turquie commémore lundi la mise en échec d'une sanglante tentative de coup d'Etat visant à renverser le président Recep Tayyip Erdogan. (15 juillet 2019)

AFP
Les autorités turques ont émis vendredi des mandats d'arrêt contre plus de 200 militaires. (14 décembre 2018)

Les autorités turques ont émis vendredi des mandats d'arrêt contre plus de 200 militaires. (14 décembre 2018)

Keystone
AK Party members stand in front of shoes symbolizing victims of the September 12, Turkish coup d'Etat as they take part in a rally to commemorate the 38th of the event in front of the Ulucanlar prison in Ankara, on September 13, 2018. (Photo by ADEM ALTAN / AFP)

AK Party members stand in front of shoes symbolizing victims of the September 12, Turkish coup d'Etat as they take part in a rally to commemorate the 38th of the event in front of the Ulucanlar prison in Ankara, on September 13, 2018. (Photo by ADEM ALTAN / AFP)

Keystone

Plus de 900 fonctionnaires supplémentaires ont été limogés dans le cadre des purges lancées en Turquie après le coup d'Etat manqué de 2016. Un décret-loi a été publié vendredi au Journal Officiel.

Un autre décret-loi publié parallèlement prévoit le rattachement à la présidence des services de renseignement turc (MIT) et la création de quelque 32'000 postes au sein des forces de sécurité, dont 22'000 postes de policiers. Quatre mille postes de juges et procureurs sont également créés.

Parmi les 928 personnes écartées de la fonction publique vendredi figurent des militaires, des universitaires et des employés des ministère de la Justice, de l'Intérieur et des Affaires étrangères. Les autorités ont également dégradé dix généraux de brigade à la retraite.

Trois associations et trois médias, principalement basés dans le sud-est à majorité kurde du pays, ont également été fermés par ce décret-loi.

Réintégrés

En outre, 57 fonctionnaires et militaires auparavant limogés ont été réaffectés à leur poste par ce même décret-loi, dont 28 employés du ministère de la Justice ou d'institutions liées. La Direction générale de la sûreté nationale a par ailleurs annoncé vendredi dans un communiqué avoir réintégré 734 de ses employés, auparavant suspendus.

En ce qui concerne le rattachement à la présidence des services de renseignement, auparavant liés au Premier ministre, le deuxième décret-loi évoque notamment la création d'un Comité de coordination des renseignements nationaux (MIKK) dirigé par la présidence.

Le texte ajoute que l'autorisation du président de la République sera dorénavant requise pour qu'une enquête sur le patron du MIT soit ouverte ou qu'il soit convoqué comme témoin, selon le décret-loi. Celui-ci autorise par ailleurs le MIT à enquêter sur les employés du ministère de la Défense et sur les membres des forces armées.

Disparition de postes

Ce rattachement semble relever des mesures prises en vue de l'application de la réforme constitutionnelle adoptée par référendum en avril. Celle-ci verra notamment disparaître le poste de Premier ministre et le transfert de l'ensemble du pouvoir exécutif au président.

La plupart des mesures de cette réforme, dont la suppression du poste de Premier ministre, doivent entrer en vigueur après les élections de 2019.

Larges purges

Ces décrets-lois sont publiés dans le cadre de l'état d'urgence instauré peu après le putsch manqué du 15 juillet 2016, imputé par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis et qui dément fermement tout implication.

Plus de 50'000 personnes ont été arrêtées en Turquie et plus de 140'000 limogées ou suspendues par vagues successives depuis l'été dernier. Des dizaines de médias et d'associations ont par ailleurs été fermés et de nombreux journalistes licenciés.

Ces purges suscitent l'inquiétude des partenaires occidentaux d'Ankara et d'organisations de défense des droits de l'homme. Mais les autorités turques affirment que ces mesures d'exception sont nécessaires pour éliminer les risques de sédition et faire face à la double menace «terroriste» du groupe Etat islamique (EI) et du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). (nxp/ats)

(NewsXpress)

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