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VAUDRevers de la médaille pour une aventure… chouette

Le centre de soins pour la faune est à l’étroit dans ses locaux à Chavornay. Sans cesse en hausse, le nombre d’animaux qui y sont traités a quadruplé en trois ans.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Laélia Maumary, fondatrice et présidente d’Erminea, une structure dédiée aux soins pour la faune qui commence à être à l’étroit dans ses locaux.

Laélia Maumary, fondatrice et présidente d’Erminea, une structure dédiée aux soins pour la faune qui commence à être à l’étroit dans ses locaux.

DR

Arrivé blessé du canton de Fribourg, l’automne passé, un hibou des marais est un des plus anciens pensionnaires du centre de soins pour la faune Erminea, sis entre Chavornay et Orbe. Cette espèce rare a été opérée pour une fracture de l'humérus. Mais le rapace a enlevé sa broche et a dû subir une seconde intervention chirurgicale. Sa convalescence étant en bonne voie, l’oiseau pourra prendre son envol vers la liberté dans les prochains jours. Traiter, requinquer, relâcher dans la nature: telles sont les trois étapes de quelques jours voire semaines par lesquelles passe la faune blessée ici. «En 2020, nous avons apporté des soins à 2400 animaux. Il y’en avait eu 1300 en 2019 et 540 en 2018, lors de notre première année d’activités», énumère Laélia Maumary, la directrice d’Erminea.

De plus en plus sollicité, le centre subit le revers de la médaille d’un succès sans cesse grandissant. «Nous commençons à être à l’étroit dans nos locaux de 150m2. Racheter le hangar qui se trouve à côté serait l’idéal mais il nous faudrait des mécènes pour cela. Cela me fendrait le cœur si nous devions en arriver à refuser un animal faute de place», soupire la trentenaire mère de trois enfants.

«Etat d’esprit jeune, dynamique, joyeux et efficace»

Très engagé pour la cause animale, Olivier Nordmann (67 ans) suit l’association Erminea depuis sa création. «Cette structure composée essentiellement de bénévoles apporte un service indispensable dans un état d’esprit jeune, dynamique, joyeux et efficace», salue celui qui a longtemps œuvré dans l’humanitaire et compte une quarantaine d’animaux dans son ancienne ferme rénovée à Champvent (VD).

Employée à l’administration communale d’Orbe, Candy Gruaz est aussi membre de l’association. «Des milliers d’animaux qui seraient morts de leurs blessures sans l’intervention du centre ont pu être sauvés. C’est génial», salue-t-elle.

De la chauve-souris aux belettes

Une bécassine des marais, espèce classée en danger d'extinction ,a été retrouvée blessée dans la campagne nord-vaudoise. Souffrant d'une fracture ouverte du radius cubitus à l'aile droite, elle a subi une opération permettant la pose d'une broche. L’opération, les soins et la convalescence coûtent environ 500 francs. En octobre dernier, une chouette effraie a pu quitter le centre pour rejoindre la nature. Quelques semaines plus tôt, elle y était arrivée affaiblie avec une fracture de l'humérus droit. Son opération et sa convalescence ont coûté environ 650 francs. Pour continuer à mener sa mission avec succès, Erminea a mis en place un système de financement participatif. Ce centre est un des rares en Suisse romande qui s’occupe gratuitement de tous les animaux sauvages blessés. D’autres structures existent avec des spécialisations différentes. Il y a notamment, le Centre de réadaptation pour les rapaces et le Centre Ornithologique de réadaptation tous deux situés à Genève, La Vaux-Lierre, qui recueille des oiseaux sauvages à Etoy (VD), le Musée d’histoire naturelle de Fribourg, qui prodigue des soins aux animaux sauvages malades ou blessés, le Parc zoologique et Vivarium du Bois du Petit-Château à La Chaux-de-Fonds ou encore Nouvel Envol aux Marécottes (VS).

Fibre familiale pour la cause animale

Toute petite, Laélia Maumary voyait sa mère sauver des animaux dans la maison familiale à Lutry (VD). Son frère aîné, Lionel, a été lauréat du prix «Earth Champions» en 2005 dans le domaine de la biodiversité. Il préside le Cercle ornithologique de Lausanne et a créé «Birdline», la première ligne d’information ornithologique francophone. Son second frère, Stanley, a été responsable de la Vaux-Lierre, centre de soins pour les oiseaux sauvages situé à Etoy (VD). Cadette de cette fratrie de trois, Laélia Maumary a créé l’Association des furets de Suisse en 2007. Mais, en plus des furets abandonnés, on lui ramenait pêle-mêle, belettes, fouines et hermines. Elle a alors développé ses connaissances afin de pouvoir prêter secours à toute la faune sauvage. C’est ainsi que le centre Erminea a vu le jour en 2018. À l’évidence, le bébé a grandi très vite.

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Erminea est une association sans but lucratif qui a pour mission de soigner la faune blessée.

Erminea est une association sans but lucratif qui a pour mission de soigner la faune blessée.

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38 commentaires
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Big boss

14.01.2021 à 04:45

Des personnes comme vous il y en a peu.. Merci pour votre engagement envers ces magnifiques créatures de la nature. Que dieu vous bénisse.

x ena

13.01.2021 à 18:15

beaucoup de dévouement pour sauver les animaux. votre aide est précieuse. merci à vous

Rewind

13.01.2021 à 17:37

Pas compris, les obsédés du covid?...ouste!