Berne – Erreurs médicales: un cas tragique met en lumière le manque de stats
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BerneErreurs médicales: un cas tragique met en lumière le manque de stats

La justice a tranché sur le cas d’une femme qui a reçu trop d’insuline après une césarienne. Ce cas met en lumière l’importance de répertorier les erreurs, ce qui n’est pas fait systématiquement en Suisse.

Une femme a reçu une dose d’insuline dix fois trop élevée. Une sage-femme et un néphrologue ont été condamnés pour homicide par négligence. Une interne a été acquittée.

Une femme a reçu une dose d’insuline dix fois trop élevée. Une sage-femme et un néphrologue ont été condamnés pour homicide par négligence. Une interne a été acquittée.

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Le tribunal régional de Berne-Mittelland a rendu son verdict sur une erreur médicale. En septembre 2015, une sage-femme a administré une dose d’insuline dix fois supérieure à la normale, quelques heures après une césarienne. En raison d’une maladie rénale, la femme avait des troubles cardiaques et l’insuline devait avoir un effet stabilisateur. Mais à cause de la surdose, la patiente a fait un AVC (accident vasculaire cérébral) et a subi des lésions cérébrales irréparables. Elle est décédée trois ans plus tard. La sage-femme ainsi que le spécialiste des reins ont écopé de peines pécuniaires avec sursis pour homicide par négligence. Une interne présente au moment des faits a été acquittée. Le jugement n’est pas encore définitif et une procédure au civil est en cours, où il est question de dommages et intérêts, rapporte la «Berner-Zeitung».

10% de personnes touchées selon des estimations

Ce cas tragique met en lumière le manque de statistiques concernant les erreurs médicales en Suisse. Le journal alémanique constate qu’aucun organisme ne les comptabilise. Selon l’OFSP, environ dix pourcents de tous les patients subissent un dommage pendant un traitement médical. Ce qui concerne100’000 personnes chaque année. Les erreurs sont particulièrement élevées lors de l’administration de médicaments. Mais reste que très peu de cas finissent devant la justice et, selon des estimations, 90% des cas sont réglés à l’amiable.

Par ailleurs, il n’y a aucune données sur les montants que les hôpitaux déboursent pour les erreurs médicales. Afin que cela change, la Fondation pour la sécurité des patients s’est fixée comme objectif de faire davantage la lumière sur la nature et la fréquence des préjudices. Elle milite pour que ces cas soient répertoriés.

(jbm)

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