Genève: Erwin Sperisen s'en prend à la justice genevoise
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GenèveErwin Sperisen s'en prend à la justice genevoise

Dans un entretien, l'ancien chef de la police du Guatemala, condamné à la prison à vie à Genève en 2014, s'en prend notamment au procureur Yves Bertossa, qui aurait voulu «faire un exemple».

Erwin Sperisen a été reconnu co-auteur de six assassinats et auteur direct d'un septième lors d'une opération dans une prison guatémaltèque.

Erwin Sperisen a été reconnu co-auteur de six assassinats et auteur direct d'un septième lors d'une opération dans une prison guatémaltèque.

Keystone

Erwin Sperisen, condamné à la prison à vie pour avoir pris part à l'exécution extrajudiciaire de dix détenus quand il dirigeait la police nationale du Guatemala, estime «avoir été traité comme dans une république bananière» à Genève.

«Je n'ai pas vu la moindre honnêteté chez les gens qui se sont occupés de mon dossier», affirme-t-il dans une interview publiée mercredi par L'Illustré. «J'ai vu tout de suite que la justice genevoise n'était pas impartiale», a souligné le double national suisse et guatémaltèque. Ce dernier est incarcéré depuis cinq ans à la prison de Champ-Dollon (GE).

Le colosse, qui était surnommé le Viking au Guatemala, tient aussi des propos vindicatifs à l'égard du procureur Yves Bertossa qui a obtenu sa condamnation à vie en première instance et en appel. «Je pense qu'il sait depuis le début que je suis innocent, mais il a voulu m'utiliser pour faire un exemple».

Un «deal»

Erwin Sperisen affirme dans l'interview que le magistrat genevois aurait proposé «un deal» à son avocat. L'ex-haut fonctionnaire aurait été invité à plaider coupable sur des faits secondaires, en échange de quoi le Ministère public se serait engagé à requérir une peine de cinq ans de prison en procédure simplifiée. «J'ai refusé parce que je suis innocent».

Selon Erwin Sperisen, Yves Bertossa «voulait un verdict de culpabilité pour sa carrière, pour sa promotion». Aux yeux des juges genevois, «je représentais le policier au service d'un gouvernement radical. Ils n'ont jamais pris la peine de considérer les problèmes que nous avions au Guatemala».

Erwin Sperisen a recouru au Tribunal fédéral contre sa condamnation à la prison à vie. «J'attends sa décision depuis près de deux ans», a-t-il rappelé. Dernièrement, les juges de Mon Repos ont écarté la demande de mise en liberté formulée par les avocats de l'ancien chef de la police guatémaltèque. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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