Lucerne et Berne: Esclaves sexuelles traitées comme de la marchandise
Actualisé

Lucerne et BerneEsclaves sexuelles traitées comme de la marchandise

Plusieurs Thaïlandaises ont été amenées en Suisse sous de faux prétextes avant d'être revendues à des lupanars. Un complice a écopé mardi de 2 ans de prison.

par
20 minutes/ofu

Le Tribunal pénal de Lucerne a condamné mardi un Thaïlandais à une peine de prison de 2 ans avec sursis. L'homme était accusé d'être impliqué dans un réseau de traite d'êtres humains. Le rôle du prévenu était notamment de transporter des femmes d'un lupanar à un autre, alors qu'elles étaient retenues comme esclaves sexuelles à Lucerne et à Berne. L'accusé a également fait en sorte que les victimes obtiennent un faux passeport.

Le procès a permis de mettre au jour le fonctionnement du réseau de traite d'êtres humains. Ainsi, des hommes se chargeaient de convaincre des Thaïlandaises de se rendre en Suisse pour y travailler en tant que masseuses ou serveuses. Mais une fois arrivées en Suisse, ces femmes vivaient un véritable cauchemar. Elles étaient forcées de travailler en tant qu'esclaves sexuelles dans des bordels lucernois et bernois. Par ailleurs, les victimes étaient obligées de céder d'importantes sommes d'argent à leur «patron». «On leur facture 60'000 francs pour le voyage et toute l'organisation. Les femmes sont ensuite forcées de travailler dans les lupanars pour venir à bout de leur dette», peut-on lire dans le verdict prononcé mardi à Lucerne.

La moitié de l'argent va aux bordels suisses, l'autre aux organisateurs en Thaïlande. Les femmes qui refusaient de coopérer recevaient des menaces. On leur faisait comprendre qu'elles allaient être battues ou qu'il allait arriver quelque chose de grave à leur famille en Thaïlande. Une des victimes a raconté que des hommes ont menacé de faire exploser sa maison en Thaïlande avec sa famille à l'intérieur.

Forcées de dormir par terre

Selon le Tribunal pénal de Lucerne, les femmes étaient traitées «comme de la marchandise». «Elles étaient commandées, revendues et transportées dans différents bordels.» Par ailleurs, note la justice lucernoise, les victimes ne disposaient d'aucune sphère privée. Souvent, elles se partageaient une petite chambre avec plusieurs autres Thaïlandaises. Certaines étaient même forcées de dormir par terre. Elles étaient par ailleurs constamment sous surveillance. Après un certain temps, les femmes étaient obligées de changer de lupanar pour «offrir du changement» aux proxénètes.

En septembre 2011, une des victimes est parvenue à s'échapper et s'est annoncée auprès de la police. Dans une intervention nommée «Mango», le Ministère public lucernois ainsi que la police cantonale sont parvenus à mettre la main sur plusieurs personnes impliquées dans ce réseau de traite d'être humains et sur plusieurs victimes. La police bernoise, elle, a également arrêté plusieurs suspects dans le cadre de son intervention «Vegas».

Ton opinion