Espionnage d'Attac: la police réagit contre Sécuritas
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Espionnage d'Attac: la police réagit contre Sécuritas

La supposée opération d'infiltration d'Attac Vaud par Securitas continue de faire des remous. La police remet en question sa collaboration avec la société de sécurité.

«Nous avons appris cette opération par la presse et souhaitons des informations complémentaires», a déclaré lundi à l'ATS Ksomas Tsiraktsopoulos, chef de l'information auprès du préposé à la protection des données. Il confirmait une information parue dans «24 Heures» et la «Tribune de Genève».

«Dans un premier temps, nous demanderons à Securitas dans quel cadre elle a fait ses observations, quel type d'informations elle a recueillis et de quelle manière elle les a obtenues». En Suisse, les opérations de surveillance de privé à privé sont très limitées par le droit, a ajouté M. Tsiraktsopoulos.

«Il s'agit d'un cas problématique de surveillance», a-t-il poursuivi. Un juge doit être impliqué lorsqu'il s'agit d'intrusion dans la sphère privée.

«Nestlé affirme avoir pris des mesures pour la sécurité de son personnel et de ses installations, dans un cadre exceptionnel lié au risque de terrorisme durant le G8. Or la lutte contre le terrorisme incombe à l'Etat et non à une entreprise», a souligné le chef de l'information.

Policiers consternés

Un point de vue partagé par la Fédération suisse des fonctionnaires de police. «Il est inconcevable que la police vaudoise ait eu connaissance des investigations de Securitas et qu'au lieu de prendre des mesures là contre, elle ait continué de collaborer avec l'entreprise privée», écrit la FSFP dans un communiqué publié lundi. C'est se jouer de la réputation de la police.

La FSFP se demande si Securitas peut encore être un partenaire acceptable pour la police. Très critique, elle espère que la justice et les politiques interviendront pour stopper la pratique commerciale de Securitas.

Jeudi soir, l'émission «Temps Présent» avait révélé qu'une agente de Securitas avait infiltré Attac-Vaud pendant et après le G8 d'Evian entre 2003 et 2004 pour le compte de Nestlé. Le groupe altermondialiste a déposé une plainte pénale contre X. La multinationale veveysanne affirme avoir agi dans le strict respect de la loi.

(ats)

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