Actualisé 02.10.2008 à 19:17

Infiltrations de Securitas

Espions Securitas: police disculpée

Le juge mandaté par le Conseil d'Etat pour faire la lumière sur le rôle de la police a rendu son rapport.

de
Frédéric Nejad

«La police cantonale vaudoise n'a jamais donné de mandat de recherche de renseignements à Securitas. Elle ne connaissait ni les noms des groupes infiltrés, ni ceux des taupes. La police a cessé de recevoir ces informations après le G8 en 2003, puis a refusé d'acheter celles que lui a proposé à diverses reprises le chef du service d'investigations de Sécuritas.»

Juge cantonal retraité, François Jomini a mené des entretiens durant l'été auprès de la police cantonale, et a questionné le chef du Service analyse et prévention de la police fédérale. Et ce «sans empiéter sur les enquêtes pénales et civile en cours», c'est à dire sans interroger les responsables et espions de Sécuritas et pouvoir ainsi confronter les versions. Il ne se prononce pas sur la question de savoir si Securitas a violé ou non la loi. A titre personnel, il doute que ce soit le cas.

François Jomini souligne qu'il n'y a plus de règlementation vaudoise sur le renseignement exercé par des sociétés privées depuis janvier 1999. Alors que le Tessin a réglé précisément cela. L'ex-juge rappelle que la police fédérale autorisait l'infiltration dite privée.

«Il existe bien un malaise à régler, reconnaît la conseillère d'Etat Jacqueline de Quattro, d'autant plus que la police est soumise à des règles strictes en matière d'infiltration, contrairement aux agences privées. Le Conseil fédéral a invité les cantons à légiférer eux-mêmes de façon harmonieuse sur ce thème. Mais attendons d'abord le résultat de l'enquête pénale.»

Chronologie d'une espionnite privée

L’infiltration du groupe Attac par une collaboratrice de Securitas fut révélée le 12 juin dernier dans l’émission Temps Présent de la TSR. L’espionnage a démarré en 2003, lorsque la réunion du G8 se tenait à Evian et des milliers de manifestants de gauche occupaient le terrain sur l’arc lémanique romand. Puis, la société Securitas a continué jusqu’en juin 2004 à espionner la rédaction d’Attac qui préparait un livre sur Nestlé. Un autre groupuscule, le GAR, a aussi été infiltré.

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