Plan du Conseil fédéral: «Est-ce qu’il a vraiment l’air d’un dictateur? Je n’ai pas l’impression»
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Plan du Conseil fédéral«Est-ce qu’il a vraiment l’air d’un dictateur? Je n’ai pas l’impression»

Le gouvernement propose une modeste première salve de réouvertures, afin notamment d’éviter une volée de bois vert en cas d’effet yoyo.

par
Yannick Weber

Les propositions en bref

Le Conseil fédéral va consulter les cantons et prendre une décision définitive mercredi 24 février. Voici les changements proposés dès le 1er mars.

  • Les magasins «non essentiels» rouvrent avec un nombre de clients limité

  • Les rassemblements à l’extérieur sont autorisés jusqu’à 15 personnes (la limite à 5 en intérieur ne change pas)

  • Zoos, jardins botaniques, musées, salles de lecture des bibliothèques rouvrent.

  • Le sport en extérieur est autorisé, pour au maximum 5 personnes et sans compétition.

  • La limite d’âge de 16 ans pour les exceptions à l’interdiction d’exercer certains sports est relevée à 18 ans

Les espoirs de certains ont été vite douchés: «Les mesures ont été mises en place progressivement, il n’en sera pas autrement pour leur allègement.» Telle était l’une des premières phrases prononcées par Guy Parmelin lors de la conférence de presse du Conseil fédéral, mercredi 17 février. «La sortie se fera pas à pas. Avec l’ouverture des commerces, nous faisons le premier», a-t-il ajouté. Les suivants seront à chaque fois espacés d’un mois.

«Des pas? Pas énormes…»

Pour les détails, c’est comme de coutume Alain Berset qui a pris le relais. Et sur les pas en question, il a enfoncé le clou: «nous proposons des pas qui ne sont pas énormes» et a parlé de «quelques activités sociales ou sportives». Ce sont donc certains lieux extérieurs ou intérieurs où les gens bougent – les moins à risque de contamination – qui sont concernés.

Ainsi, les terrasses des bars et des restaurants ne rouvriront pas avant le 1er avril. Et cette date est encore soumise à conditions. «Nous prendrons une décision pour une deuxième étape le 24 mars avec certains critères, tels que le taux de reproduction qui devra être inférieur à 1, le taux d’incidence qui devra être inférieur à celui du 1er mars, un taux de positivité inférieur à 5% et un remplissage des soins intensifs par des patients Covid inférieur à 25%», a dit Alain Berset.

«De nombreuses personnes seront déçues des décisions que nous avons prises aujourd’hui.»

Guy Parmelin, président de la Confédération

Le Conseil fédéral ne pouvait, au fond, que de décevoir. En rouvrant certains secteurs, il dit que «nous prenons un risque». Mais en étant modeste, il évite un risque encore plus grand: celui de rouvrir et de tout refermer encore une fois quelques semaines après, ce qu’on lui reprocherait aussi bien vite. Son but est donc d’éviter à tout prix un «effet yoyo».

«Est-ce qu’il a l’air d’un dictateur?»

D’ailleurs, un journaliste a voulu demander à Guy Parmelin ce qu’il pensait des critiques et parfois des attaques dont est victime Alain Berset. «Est-ce que vraiment il a l’air d’un dictateur? Moi, je n’ai pas l’impression», s’est agacé le président en désignant son collègue (voir vidéo ci-dessus). Ueli Maurer est aussi venu au secours du Fribourgeois: ce n’est jamais Alain Berset qui prend telle ou telle décision, c’est toujours le collège. Et ils font tous bloc.

Si tout va bien, la deuxième salve d’assouplissements en avril pourrait donc concerner les terrasses des établissements de restauration, les lieux culturels intérieurs, le sport aussi en intérieur, et un élargissement des rassemblements privés à 10 personnes.

Qu’en pensent les Genevois dans la rue?

Un déficit record, et on remet ça

Le Conseil fédéral a profité de l’occasion pour présenter les résultats financiers de l’année 2020. «L’exercice comptable 2020 de la Confédération se solde par un déficit record se chiffrant à 15,8 milliards de francs», dit-il. Avant la pandémie, on tablait sur un excédent de 344 millions. Ces 16,1 milliards de différence s’expliquent d’une part par la contraction économique qui ont induit une baisse des recettes, mais surtout, bien sûr, par les dépenses extraordinaires pour les aides économiques. La dette de la Confédération a progressé de 15,5 milliards. La Confédération s'attend à une lente reprise durant les années 2023 à 2025.

2021 part sur les mêmes bases

Le Conseil fédéral va également demander au Parlement de lui octroyer des crédits extraordinaires pour 2021 à hauteur de 14,3 milliards. Dans le détail, ce seront 6,3 milliards pour les cas de rigueur, 6 milliards pour les RHT, presque 1 milliard pour les tests de dépistage Covid, et 940 millions pour les allocations pour pertes de gains. L’aide aux cas de rigueur sera relevée à 10 milliards de francs, contre les 5 actuellement prévus. Le Conseil fédéral prolongera une nouvelle fois la durée maximale de versement des RHT.

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