Actualisé 05.02.2019 à 16:42

Blonay (VD)

Est-ce un loup ou un chien? L'ADN tranchera

Les images d'un canidé se baladant dans le secteur des Chevalleyres tournent en boucle sur Facebook. Des analyses pour déterminer sa race sont en cours.

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xfz/vdé

Filmé et photographié dans les hauts de Blonay, un animal fait le buzz depuis lundi sur les réseaux sociaux. Pour certains internautes, il s'agit clairement d'un loup. Pour d'autres, ce serait plutôt un chien, par exemple un chien-loup de Saarloos.

Quant au biologiste jurassien Jean-Marc Landry, il est catégorique. «Sur la photo, pas de doute: c'est bien un loup», tranche ce spécialiste. En revanche, il s'était montré beaucoup plus nuancé après avoir visionné la vidéo. «Difficile de le distinguer d'un chien-loup de Saarloos ou d'un chien-loup tchèque à cette distance», relevait-il dans un premier temps.

Des poils retrouvés

Pour en avoir le coeur net, nombreux sont ceux qui ont contacté le surveillant de la faune Stéphane Mettraux. Mais celui-ci indique ne pas pouvoir encore se prononcer formellement. En se rendant mardi sur les lieux, il a bien constaté les traces de plusieurs allers-retours de l'animal. Mais ce sont les analyses ADN des poils retrouvés sur place qui permettront de trancher définitivement, explique «24 heures».

Les poils et autres indices récoltés ont ainsi été envoyés au Kora, organisme chargé de la conservation et la gestion des grands carnivores en Suisse. Toutefois, les résultats des analyses ne seront pas connus avant environ trois semaines.

«Si nous faisons ces recherches, c'est pour plusieurs raisons. Tout d'abord, s'il s'agit bien d'un loup, elles nous permettront de déterminer si c'est un individu connu, et le cas échéant de retracer son parcours. De plus, en cas d'attaque sur des animaux de rente, les agriculteurs pourront être indemnisés. Pour finir, elles aideront à faire avancer la connaissance de l'espèce», explique Denis Rychner, responsable communication de la Direction générale de l'environnement.

Des dizaines de kilomètres

Ce dernier rappelle d'ailleurs que les loups peuvent parcourir plusieurs dizaines de kilomètres par jour. «Il ne serait donc pas étonnant qu'il vienne des Préalpes ou des Alpes, voire de plus loin encore, et qu'il soit passé par là en se dirigeant vers le Plateau à la recherche d'un nouveau territoire. Lors de l'hiver 2013-2014, un loup était parti des Grisons et s'était retrouvé aux Charbonnières (Vallée de Joux), en passant par la Riviera et Suchy (VD) notamment», poursuit Denis Rychner.

Pour finir, Denis Rychner estime qu'il n'est pas judicieux de se rendre sur place pour apercevoir l'animal, voire le photographier. «C'est mauvais pour la tranquillité de la faune en général. Pas seulement pour le loup.»

Le loup M94 a fait 13 victimes au Tessin

En marge de l'éventuel passage d'un loup sur les hauts de Blonay, Kora souligne que des tests ADN ont permis de prouver que les attaques perpétrées le 5 décembre à Avegno (TI) et le 11 décembre à Spruga sont bien l'oeuvre du mâle M94, qui avait déjà sévi les 18 et 19 novembre sur le Piano di Magadino. Ainsi, le total de ses victimes s'élève à 13 (12 moutons et une chèvre). Tous les propriétaires ont été indemnisés, y compris ceux ne disposant pas de moyens de protection, pour un montant total de 6450 francs.

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