Actualisé 15.04.2020 à 09:29

Mon meilleur souvenir

Et là, sous mes yeux, la Corée du Nord

Tous les jours, un journaliste du Sport-Center évoque son meilleur souvenir vécu sur le terrain, en chassant pour vous les informations sportives.

de
Jérôme Reynard
L'océan, des barbelés, des collines et, en face, la Corée du Nord.

L'océan, des barbelés, des collines et, en face, la Corée du Nord.

DR

PyeongChang. Les JO 2018. Les «Jeux de la Paix». J'y étais. J'ai vu les deux Corées, techniquement toujours en guerre, défiler ensemble sous la bannière de l'unification et évoluer au sein de la même équipe, celle de hockey sur glace féminin.

J'ai saisi le caractère exceptionnel et historique de ce qui se produisait en voyant les chaînes de télévision diffuser durant des heures les images d'un avion marqué du drapeau à l'étoile rouge se poser sur le tarmac de l'aéroport d'Incheon de Séoul. Un appareil transportant une délégation d'officiels du Nord venus assister à la cérémonie d'ouverture, dont Kim Yo-jong, la soeur du «commandant suprême», filmée sous tous les angles et scrutée telle une créature venue d'ailleurs.

Un jour plus tôt, Kim Jong-un avait organisé un impressionnant défilé militaire pour célébrer le 70e anniversaire de ses forces armées. A la veille du coup d'envoi des JO et deux mois et demi avant la date prévue... Sacré timing. De quoi renforcer le clivage existant entre les pros et les antis «Jeux de la Paix».

Loin de moi la prétention d'avoir tout compris de ce conflit. Mais disons que j'ai eu l'occasion de l'humer de près. De très près, même, le jour où j'ai décidé de braver les moins 20 degrés ressentis pour traverser le no man's land de la province de PyeongChang et me rendre à la frontière, située à 1h30 de route de mon logement.

Derrière un check point plutôt déstabilisant (un soldat armé et encagoulé avait pénétré dans mon autocar afin de contrôler chacun des occupants): la zone démilitarisée et ses barbelés. Avec sous mes yeux un bout d'océan et l'inaccessible Corée du Nord, représentée par un poste de surveillance perché 1 kilomètre plus loin, sur une colline. Étrange. Limite irréel. Tout en contrastes, en tout cas. A l'image de l'état d'esprit de ma guide, une sexagénaire qui vivait dans la crainte tout en rêvant de l'unification et en se montrant incapable de prononcer le nom de Kim Jong-un, par dégoût. Prenant. Marquant.

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