Actualisé 12.01.2010 à 20:28

Biographie

Et le rugby créa l'Afrique du Sud

Incroyable Clint Eastwood, qui trouve un angle totalement inattendu pour raconter Nelson Mandela.

de
Fred Ferrari

Comment éviter la biographie convenue quand on s'attaque à un monument comme Mandela? Clint Eastwood a trouvé l'astuce: s'intéresser à un épisode particulier, emblématique du message et de la méthode du personnage.

Nous sommes en 1994. Fraîchement élu président d'Afrique du Sud, Mandela ose un coup de poker: miser sur l'équipe nationale de rugby, bonne dernière au classement mondial de la spécialité, et qualifiée d'office à la Coupe du monde en tant que pays organisateur. Il n'en va pas que de l'honneur du pays. Il en va de la cohésion intérieure entre communautés qui se détestent. Et si le pardon national passait par le ballon ovale?

Au début d'«Invictus» («Invaincu»), on redoute qu'East­wood soit parti pour une hagiographie un tantinet ronflante, avec un Morgan Freeman promenant sa bonhomie humaniste d'un discours à l'autre. Et puis non. Quand Eastwood entre dans le stade, là où les hommes, Matt Damon en tête, parlent peu mais donnent de leur sueur, le film s'emballe. Et le réalisateur n'y va pas par quatre chemins, plante sa caméra au beau milieu de la mêlée, use des ralentis à l'excès, pousse les grognements jusque dans les tréfonds des graves pour faire vibrer nos tripes. Et remporter la victoire. Magnifique.

A défaut de réaliser un tout grand film d'histoire, Eastwood réalise ainsi un tout bon film de sport.

Bande-annonce

Invictus

De Clint Eastwood.

Avec Morgan Freeman, Matt Damon

***

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!