Equipe de Suisse: Et maintenant, à l'attaque!

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Equipe de SuisseEt maintenant, à l'attaque!

Vladimir Petkovic va-t-il profiter de l'absence de Granit Xhaka pour jouer quasiment à quatre attaquants vendredi à Budapest? L'occasion de marquer les esprits est belle.

par
Timothée Guillemin
Budapest
La Suisse évoluera-t-elle avec Xherdan Shaqiri en meneur de jeu vendredi? Pas impossible du tout.

La Suisse évoluera-t-elle avec Xherdan Shaqiri en meneur de jeu vendredi? Pas impossible du tout.

photo: Keystone/Georgios Kefalas

La statue de Florian Albert est là, devant le stade de Budapest, fièrement dressée. Elle rappelle la grande équipe de Hongrie, bien sûr, mais aussi l'époque où le football se jouait avec plus d'attaquants que de défenseurs. Ballon d'Or en 1967, le Hongrois était un esthète, lui qui a marqué 245 fois en 339 matches avec son club de toujours, Ferencvaros. A quoi a pensé Vladimir Petkovic en passant devant avec le bus de l'équipe de Suisse? Peut-être à son dispositif tactique de vendredi. Car le sélectionneur suisse a un vrai choix à effectuer. Un choix qui pourrait marquer les esprits et asseoir définitivement son autorité. Un choix offensif.

Car oui, l'occasion est belle pour le boss de la Nati. La suspension de Granit Xhaka n'est pas une bonne nouvelle, surtout pas avant d'aller défier la Hongrie à domicile, dans ce stade qui s'annonce être un véritable enfer vert (lire ici). Mais, paradoxalement, l'absence du milieu défensif de la Nati peut être une chance pour Vladimir Petkovic, qui a plusieurs options pour le remplacer. Il peut faire jouer Gelson Fernandes ou Denis Zakaria à sa place et le tour sera joué. Rien n'aura changé et la Suisse jouera en 4-2-3-1, avec Xherdan Shaqiri et Admir Mehmedi sur les côtés. Mais Vladimir Petkovic peut aussi s'inspirer de la Hongrie des années 50 et 60 (la plus belle équipe nationale de tous les temps?) et arriver à Budapest avec quatre attaquants, ce qui aurait un certain panache.

Oui, Blerim Dzemaili et Valon Behrami pourraient faire office de travailleurs au milieu et laisser libre cours à Xherdan Shaqiri (en 10), Admir Mehmedi, Breel Embolo et Haris Seferovic en pointe. Et disons-le clairement: Vladimir Petkovic aurait tort de se priver de cette possibilité. «On a fait énormément de progrès dans la possession de balle depuis son arrivée. On a désormais souvent plus le ballon que les grandes nations européennes, on l'a vu à l'Euro et lors du premier match contre le Portugal il y a quelques semaines. On est devenus une équipe très offensive», a ainsi soutenu Xherdan Shaqiri jeudi. La Suisse ne doit plus se cacher, elle peut avancer sûre d'elle et sûre de sa force. Y compris face à une équipe comme la Hongrie, qui n'a pas les armes pour la priver de ballon.

Ce système à quatre attaquants présente des risques, bien sûr, et il aurait peut-être été utile de le tester d'abord face à Andorre. Mais c'est vendredi que la Nati va jouer son avenir, sans aucune pression. La raison en est claire: après avoir battu le Portugal en ouverture de championnat, la Suisse a un joker. Si elle gagne vendredi à Budapest, l'équipe nationale éliminera la Hongrie de la course à la première place, ce qui ne peut être que bon à prendre.

Alors oui, l'occasion est trop belle et toutes les conditions sont réunies: la Suisse peut frapper un grand coup en gagnant, mais a le droit de perdre. Ses attaquants sont en forme, ils marquent en Bundesliga et en Champions League et ils sont tous là. Vendredi à Budapest, la Suisse peut changer d'ère.

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