Actualisé 02.02.2015 à 17:03

TennisEt maintenant Roland-Garros?

Novak Djokovic apparaît d'ores et déjà comme le plus grand rival de Rafael Nadal à Paris, après son cinquième sacre à Melbourne, un record dans l'ère Open.

Le No1 mondial ira chasser dès le 24 mai le seul titre majeur manquant à son palmarès, sur une terre battue si chère aux yeux de Rafael Nadal.

La symbolique des chiffres est parfois étonnante. Dans quatre mois à Paris, Novak Djokovic tentera de décrocher un neuvième titre majeur. S'il y parvient, il bloquerait alors Nadal à neuf trophées à la Porte d'Auteuil.

Chasse gardée exclusive du Majorquin depuis 2005 hormis la victoire de Roger Federer en 2009, Roland-Garros s'est pour l'instant toujours refusé à Novak Djokovic. Il y a disputé quatre demi-finales (2007, 2008, 2011, 2013) et deux finales (2012, 2014). Depuis maintenant quatre ans, il est annoncé comme l'épouvantail à Paris.

En 2011, lors de son année la plus faste marquée par trois victoires en Grand Chelem (Melbourne, Wimbledon, US Open), «Nole» avait échoué aux portes de la finale contre Federer. Et lors des trois éditions suivantes, Nadal lui avait barré la route.

«Il le gagnera»

Mais le Serbe n'a pas pour autant abdiqué. «Je vais continuer de pousser, de travailler, d'y croire pour parvenir à le gagner au moins une fois avant la fin de ma carrière», a-t-il assuré après sa victoire contre Andy Murray en finale de l'Open d'Australie.

«Il le gagnera. C'est une question de temps plus qu'une question d'endroit, même si son jeu est un peu moins percutant sur terre battue que sur dur», estime Guy Forget, directeur du tournoi de Paris-Bercy où le Serbe s'est imposé trois fois (2009, 2013, 2014).

Impérial sur dur, presque intouchable en salle et doué aussi sur gazon, le «Djoker» a souvent buté sur la terre de Roland-Garros où les conditions, plus lentes, favorisent moins son jeu offensif. «C'est un joueur qui prend la balle tôt et les faux rebonds ne lui facilitent pas la tâche. On le sent plus friable aussi. Parfois, il s'agace un peu», souligne Forget.

D'autres grands noms, avant le Serbe, se sont cassé les dents sur la terre battue alors qu'ils avaient remporté les trois autres levées du Grand Chelem, à commencer par son entraîneur Boris Becker. L'Allemand y a perdu trois demi-finales. L'Américain Jimmy Connors, quatre. Le Suédois Stefan Edberg y avait pour sa part perdu une finale mémorable contre Michael Chang en 1989 alors qu'il était le grand favori. L'Américain Pete Sampras, longtemps recordman des titres en Grand Chelem (14) avant l'émergence de Federer, est aussi revenu bredouille de la Porte d'Auteuil avec une seule demi-finale (1996).

Il a déjà vaincu Rafa sur la terre battue

A la différence de ses prédécesseurs, Novak Djokovic a davantage les armes pour s'imposer Porte d'Auteuil. Son jeu, avec une défense en acier, une capacité à courir pendant des heures et une virtuosité en retour de service, s'y prête largement. Reste maintenant à détrôner Rafael Nadal, quasi intouchable sur sa terre sacrée. Seul le Suédois Robin Soderling a réussi à le faire chuter, en huitièmes de finale en 2009.

S'il ne l'a pas encore fait à Roland-Garros, Djokovic a réussi à vaincre Nadal sur terre battue dans des Masters 1000, notamment à Rome (2011, 2014), Madrid (2011) et Monte-Carlo (2013). Mais c'était dans des matches disputés au meilleur des trois sets.

Pas encore revenu à son meilleur niveau, Rafael Nadal, qui n'a pas été épargné par les problèmes physiques l'an dernier (dos, poignet, appendicite), ne va pas non plus gagner «indéfiniment» Roland-Garros, comme le souligne Forget. «Celui, derrière Rafa, qui est le plus proche de gagner ce tournoi, c'est Novak Djokovic», assure l'ancien capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis. La balle est maintenant dans le camp du Serbe. (ats)

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