Football - Super League: Et pourtant, Sion a marqué et gagné
Actualisé

Football - Super LeagueEt pourtant, Sion a marqué et gagné

Grâce à une 2e mi-temps de folie, les Valaisans ont vaincu samedi le FC Zurich (4-2). Un résultat tout de même insuffisant pour une place européenne la saison prochaine.

par
Oliver Dufour
Sion
Les Sédunois ont fait leur part du travail. Ça n'aura pas suffi.

Les Sédunois ont fait leur part du travail. Ça n'aura pas suffi.

Les joueurs sédunois y ont cru jusqu'au bout. Au terme de leur succès obtenu avec panache, ils ont dû attendre plusieurs minutes l'officialisation du résultat du derby bernois. Le verdict est tombé, cruel pour le FC Sion. Thoune et Young Boys ont partagé l'enjeu: 2-2. Sommet du blues pour la troupe de Michel Decastel, l'égalisation thounoise est tombée à la 90e minute!

A égalité de points avec le FC Thoune au terme de ce championnat de Super League, Sion a manqué sa qualification pour le tour préliminaire à la seule différence de buts, avec le 6e rang final. «Je suis content d'avoir marqué mon premier but, mais à la fin du match la tristesse reprend le dessus, a partagé Gaëtan Karlen, auteur du 3-2. Mais je suis satisfait du déroulement de notre match. Il faut qu'on reste sur cette lancée à l'avenir.»

Grogne des fans

Les deux adversaires avaient abordé la rencontre de manière très rythmée. Puis le soufflé est retombé dès le quart d'heure. Jusqu'à la mi-temps, le jeu s'est progressivement haché. Aux Zurichois la maîtrise du ballon, au FC Sion les rares tentatives de contre. Mais la période de doute actuellement traversée par les Sédunois ne les a pas aidés à se montrer tranchants devant la cage de Yanick Brecher.

Une action de la 17e minute a symbolisé la panne de confiance valaisanne. Parti en contre, Léo aurait pu tenter un débordement. Mais devant l'absence de mouvement des siens, il a préféré jouer en retrait, vers la ligne médiane. Dans les gradins, les supporters valaisans ont encore eu maintes occasions de manifester leur agacement. Avant la rencontre, trois groupes de fans avaient organisé une marche pour protester contre la gestion du club. A des banderoles aux abords du stade intimant au président Christian Constantin de démissionner, se sont jointes dans la tribune des supporters des texte demandant «patience et constance» et «stabilité et continuité». Soit un «retour aux vraies valeurs». La partie centrale du bloc avait aussi été laissée vide, pour souligner davantage encore ces messages. En première mi-temps, seule l'ouverture du score par Young Boys dans le derby bernois (28e), a brièvement réveillé les spectateurs.

Cinq minutes de folie et fin de disette

Puis tout a explosé en deuxième mi-temps. Elle a mal débuté pour les hommes de Michel Decastel, qui ont encaissé un but de Mario Gavranovic, qui n'a pas manqué la cible, parfaitement décalé par son compère Josip Drmic (50e). Mais contre toute attente, les Sédunois ont réagi dans la foulée. A la reprise d'un essai manqué de Yannick Ndjeng, qui venait d'entrer, le défenseur Vilmos Vanczak a pu mettre un terme à une période de 520 minutes de disette offensive (54e). Une joie de trop courte durée. Dès l'engagement, Zurich est reparti à l'attaque. Drmic a passé en revue toute la défense locale, déconcentrée, pour redonner l'avantage aux siens (55e).

Le premier but valaisan en six matches a-t-il eu l'effet d'un déclic? Toujours est-il que six minutes plus tard, un centre d'Alberto Regazzoni a trouvé la transversale. A l'affût dans la surface, le jeune Benjamin Kololli a réussi une tir croisé de toute beauté (61e). «On savait que c'est ce qu'il nous manquait, a confirmé Karlen. Il suffisait d'en mettre un et quatre ont suivi.»

Le but de Karlen est tombé à la 73e. «A ce moment-là, il qualifiait l'équipe, a regretté le jeune attaquant. Comme pour confirmer qu'un cap avait été franchi, Max Veloso a enfoncé le clou d'une brillante frappe enroulée en toute fin de match (86e). Hélas pour la formation locale, la mauvaise nouvelle venue de l'ArenaThun allait ternir la soirée. «Il y a un sentiment de gâchis, a soupiré Benjamin Kololli. On a senti qu'il y avait quelque chose à faire en cette fin de saison. Mais on n'a vraiment pas eu de chance dans ce deuxième tour. Là, ça se joue sur un but tombé à la 90e.»

Cet échec dans la chasse à l'Europe a conclu une saison calamiteuse pour le football romand dans l'élite, puisque Lausanne et Servette ont récolté les deux dernières places du classement. Avec une relégation à la clé pour les Genevois.

Ton opinion