Environnement: Et si la Suisse interdisait dès 2025 déjà la vente des voitures à essence?

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EnvironnementEt si la Suisse interdisait dès 2025 déjà la vente des voitures à essence?

L’UE a voté mercredi la fin des ventes de véhicules neufs à essence, diesel et hybrides dès 2035. Les Verts suisses applaudissent et la voudraient même pour 2025 chez nous.

Le Parlement européen a approuvé mercredi, malgré une farouche opposition de la droite, la proposition de Bruxelles de réduire à zéro les émissions des automobiles neuves à partir de 2035. Conséquence: les constructeurs ne pourront plus vendre de voitures neuves à essence, diesel et hybrides. De facto, seules les voitures électriques pourront être mises sur le marché (hors celui de l’occasion).

Cette décision ravit les Verts en Suisse. Non seulement ils approuvent cette décision du Parlement européen mais ils souhaitent même aller plus loin: pour eux, il faudrait arrêter de vendre des voitures de tourisme neuves fonctionnant aux énergies fossiles dès 2025 déjà. C’est ce qu’a déclaré leur cheffe de groupe aux Chambres Aline Trede à 20 Minuten. «Il est scientifiquement prouvé que nous devons nous débarrasser le plus rapidement possible des énergies fossiles. Les délais pour y parvenir doivent être plus courts», estime la Bernoise. Selon elle, cela stimulerait en outre l’innovation dans les sources d’énergie alternatives.

Trop tôt, dit le PS

Chez les socialistes, on applaudit aussi la décision de l’UE mais on ne croit pas en la proposition des Verts. Le chef de groupe aux Chambres, le Vaudois Roger Nordmann, estime en effet que le délai de 2025 est trop court. Il est pleinement d’accord pour fixe la date de 2035 en Suisse aussi. «Treize ans de délai permettront à l’industrie de s’adapter et de se rééquiper. Sinon les prix pourraient exploser, par exemple pour les batteries destinées à l’électromobilité», craint-il.

Au Centre, on estime que la date de 2025 n’est pas réaliste. Pour Priska Wismer-Felder, il n’y a pas d’autre solution que de sortir des énergies fossiles. «Mais cela suppose que nous disposions d’un approvisionnement en électricité garanti, par exemple pour couvrir les besoins des véhicules électriques», tempère-t-elle. «Et je crains que d’ici trois ans, ni les stations de recharge nécessaires ni l’électricité requise ne soient disponibles».

Quid des carburants synthétiques?

Du côté de l’UDC, on désapprouve carrément l’idée de l’UE. «Ce n’est pas la bonne voie, même pour la Suisse», estime Thomas Hurter, conseiller national et président central de l’Union professionnelle suisse de l’automobile (UPSA). «Interdire une technologie ne mène jamais au but et nuit à l’innovation», critique-t-il. Et d’ajouter que l’électromobilité n’est pas le seul mode de propulsion à avoir un avenir: «Les carburants synthétiques joueront également un grand rôle dans la mobilité du futur», rappelle-t-il.

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(Nicolas Meister/cht)

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