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Mondial 2018Et si la VAR n'avait pas existé?

La FIFA s'est vantée vendredi d'avoir fait passer le taux des bonnes décisions arbitrales de 95 à 99,3%. Mais où en serions-nous sans la vidéo?

par
Robin Carrel
Moscou
Attention aux reflets quand même, M. Geiger.

Attention aux reflets quand même, M. Geiger.

Keystone/AP/Thanassis Stavrakis

335 situations analysées, 17 recours officiels à la vidéo, 14 décisions changées, 6,9 incidents analysés en moyenne sur les 48 premiers matches du Mondial. Si le public, les téléspectateurs et même les joueurs sont, dans le feu de l'action, souvent laissés dans le flou quant à l'utilisation de la fameuse VAR, la Fédération internationale, elle, a tiré un bilan largement positif de son utilisation. Le contraire eut été étonnant...

«On est là pour analyser le travail des arbitres, c'est notre travail, ces chiffres reflètent notre opinion qui est pertinente puisque c'est notre métier, a affirmé la légende des sifflets Pierluigi Collina. On pense que 0,7% des décisions prises auraient pu être prises un peu mieux.» Dans un sport où beaucoup de choix arbitraux sont selon l'interprétation de chaque arbitre, c'est un peu la moindre des choses de le reconnaître.

Reste que beaucoup de ces 335 situations et 17 recours officiels ont changé la physionomie des rencontres et, donc, de la composition des 8es de finale qui débutent ce samedi par l'affiche de rêve entre la France et l'Argentine. Et si Pepe avait été sanctionné sur le but de Ronaldo contre le Maroc? Et si l'Espagne n'avait pas égalisé à la suite d'un hors-jeu annulé contre ces mêmes Nord-Africains? Et si Griezmann... Et si la main de Rojo... Et si...

Je vous l'accorde, comme le dit l'expression, avec des «si», on coupe du bois. Mais «RMC» a compilé des actions litigieuses tranchées par la vidéo et calculé les classements de chaque groupe si l'arbitre avait été seul à décider de la sanction. On est bien d'accord que le scénario aurait pu être bouleversé et les fins de matches bien différentes, mais l'exercice reste tout de même intéressant, car le premier tour à élimination directe aurait eu une «gueule» bien différente.

Les 8es de finales avec la VAR: Uruguay-Portugal, France-Argentine, Brésil-Mexique, Belgique-Japon, Espagne-Russie, Croatie-Danemark, Suède-Suisse, Colombie-Angleterre.

Les 8es de finale supposés sans la VAR: Uruguay-Espagne, Danemark-Argentine, Brésil-Suède, Belgique-Colombie, Portugal-Russie, Croatie-France, Mexique-Suisse, Sénégal-Angleterre.

Marrant, non? Enfin, sauf pour le Sénégal, notamment... Ce qui est sûr, c'est que la FIFA peut se vanter de ses soi-disant bons chiffres. Par contre, quand il est venu l'heure des questions de journalistes, Collina a refusé d'évoquer, par exemple, le cas du Serbe Mitrovic, victime d'une prise de judo de deux défenseurs suisses lors de la 2e journée de la phase de poules. On vous le dit souvent, les statistiques, c'est comme les mini-jupes...

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