Valais: Et si les herbicides étaient remplacés par de l'eau?
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ValaisEt si les herbicides étaient remplacés par de l'eau?

Une machine est en test dans un domaine du Canton. Giclant de l'eau à haute pression, elle peut constituer une alternative écologique aux produits phytosanitaires.

par
Pauline Rumpf

Environ 2 dl d'eau par mètre de vigne, soit 1500 l par hectare. C'est tout ce que demande la machine testée pendant trois ans sur un domaine viticole de l'Etat du Valais.

Une remorque tirée par un tracteur gicle sur les mauvaises herbes de l'eau à très haute pression, environ 1100 bars; à titre de comparaison, l'eau du robinet sort à 3 bars, celle des lances à incendie à 7 bars. L'herbe et ses racines sont broyées, tandis que les racines des pieds de vigne, plus profondes, sont protégées par les cailloux.

Demande des producteurs et des consommateurs

Ce procédé arrive tout droit d'Italie, où trois machines sont déjà en activité. Une association étudie aussi cet achat à Genève. Il pourrait être utilisé dans les vignes mais aussi sur les plantations d'arbres fruitiers, évitant ainsi l'usage d'herbicides chimiques.

«Il y a une forte demande de la part des consommateurs et des agriculteurs, pour trouver des moyens de protéger l'environnement, explique Pierre-André Roduit, chef de l'office valaisan de la viticulture. C'est le rôle du Canton de tester et proposer des solutions, afin de donner aux producteurs les informations nécessaires, comme le temps que ça prend, les ressources que demandées...»

Alors qu'une pompe à herbicide coûte près de 5 000 fr., cette machine en vaut dix fois plus; elle s'adresse donc à des grandes exploitations, ou à des associations. Des subventions soutiennent d'ailleurs ceux qui souhaitent se passer de produits phytosanitaires.

Autant de vignerons que de solutions

«Le Valais est une région très sèche, et l'herbe fait concurrence à la vigne au niveau de la consommation d'eau», explique Pierre-André Roduit. S'en débarrasser est donc un enjeu de taille.

«Il y a autant de vignerons que de techniques», sourit-il, mais les plus utilisées sont les herbicides, l'eau chaude et les moyens mécanique. Mais la tendance s'éloigne toujours plus de la chimie: sur 4800 hectares de vigne enregistrés, plus de 500 ont annoncé se passer désormais de désherbant chimique.

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