Ecole secondaire: Et si Zurich disait non au français obligatoire?
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Ecole secondaireEt si Zurich disait non au français obligatoire?

Zurich doit se prononcer sur le maintien du français obligatoire à l'école. Le résultat de la votation pourrait pousser le Conseil fédéral à intervenir.

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smk/nxp
L'enseignement du français à l'école primaire fait toujours l'objet de fortes pressions en Suisse alémanique.

L'enseignement du français à l'école primaire fait toujours l'objet de fortes pressions en Suisse alémanique.

Keystone

Après la Thurgovie, Zurich? Dans la querelle sur les langues à enseigner dans les écoles alémaniques, le canton de Zwingli doit trancher ce dimanche sur une initiative populaire qui propose de choisir entre le français et l'anglais à l'école secondaire. L'autre langue serait déjà proposée dès l'école primaire.

La décision reviendrait au Conseil d'Etat, qui a déjà pris position. Et contrairement à la Thurgovie, il a choisi de garder le français comme première langue étrangère à l'école primaire.

Une influence certaine

Mais au-delà de cette décision, c'est surtout le résultat du vote qui retient l'attention, car il pourrait influencer de nombreux autres cantons alémaniques, comme le rappelle le Tages-Anzeiger dans son édition du 16 mai 2017. Et in fine, une intervention du Conseil fédéral.

Alain Berset avait déjà tapé du poing sur la table, il y a un peu moins d'un an, en présentant trois variantes qui obligeraient les cantons à enseigner une deuxième langue nationale au niveau primaire. Il s'appuyait sur la Constitution, qui permet d'intervenir dans la formation en cas de désaccords majeurs dans les cantons.

Avantage aux Romands mais...

Même si le vote zurichois devait représenter pour le Fribourgeois une ligne rouge à ne pas franchir, le patron du Département fédéral de l'Intérieur n'aurait pas pour autant les coudées franches dans un dossier qui divise le Conseil fédéral.

Comme l'explique le Tages-Anzeiger, Alain Berset peut compter sur le soutien déclaré des autres Romands du Conseil fédéral, Didier Burkhalter et Guy Parmelin. Ce trio aurait également l'appui de Simonetta Sommaruga, collègue de parti d'Alain Berset. Dans le camp des opposants, Ueli Maurer, Doris Leuthard et Johann Schneider-Ammann, pourtant à la tête du Département de la formation (DEFR), ne veulent pas entendre parler d'une intervention.

L'interrogation Parmelin

Cette répartition est susceptible d'évoluer, car Guy Parmelin doit rendre compte à son parti, l'UDC. Qui se retrouve outre-Sarine derrière la plupart des votations contre l'enseignement du français à l'école primaire. Et la fidélité à un parti pourrait être plus forte que les accointances linguistiques.

Un «oui» dans les urnes zurichoises dimanche ne déclencherait toutefois pas automatiquement une intervention du Conseil fédéral. «Personne n'a envie d'amener ce dossier sur le plan national», explique la conseillère national Kathy Riklin (PDC/ZH). Une position partagée par le conseiller aux Etats Joachim Eder (PLR/ZH) qui résume la pensée de la majorité des parlementaires à Berne. «Vaut-il vraiment la peine de semer la discorde au sein de la population?»

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