Actualisé 14.08.2019 à 06:49

Zurich

Et trois mois de vacances pour le boss, trois!

Wim Ouboter, chef d'une société de transports, s'octroie 3 mois de congé par an. Ses employés, eux, n'ont droit qu'à 5 semaines. Alors que certains jugeraient ce déséquilibre injuste, selon M. Ouboter, cela profite à son équipe.

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Ilona Himmelberger/vsm
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Wim Ouboter, directeur de Micro Mobility Systems AG, s'offre douze semaines de farniente par année. «De retour des vacances, je redonne tout pour l'entreprise», explique-t-il. D'après lui, cela ne nuit pas à sa société. Quant au retard dans le lancement de la voiture électrique Microlino? Rien à voir avec ses congés. Non, il s'agit surtout de questions juridiques encore en suspens. Le patron est formel: «La vie est trop courte. Personne ne regrette d'avoir trop peu travaillé une fois sur son lit de mort.»

Sans oublier que cette organisation aurait un effet positif sur ses employés. Laisser l'entreprise dans les mains des salariés est un signe de confiance et cela permet à l'équipe de gagner en indépendance. Seul hic: ses subalternes doivent se plier aux cinq semaines de congé réglementaires, eux.

Un déséquilibre délicat

Selon le «Zürichsee-Zeitung», M. Ouboter recommande son modèle de vacances à d'autres chefs d'entreprise sous certaines conditions: «Tout est une question de caractère pour que cela fonctionne. Il faut être capable de donner des responsabilités aux autres et de faire confiance.»

Mais tout le monde ne partage cet avis. Alexandra Cloots, professeure d'économie à la FHS de Saint-Gall, souligne que les employés se sentent tout aussi indépendants lorsque le patron est présent. Elle insiste également sur le fait que davantage de vacances pour le chef révèlent une forme de déséquilibre pas forcément très positive. Pour qu'un tel système soit accepté, une culture d'entreprise correspondante est nécessaire: «Il est important que tous les employés soient informés de manière précise sur le règlement des vacances», ajoute-t-elle.

Ou un privilège qui va de soi

Quant à Hans-Ulrich Bigler, directeur de l'Association suisse du commerce, il ne voit aucun problème pour l'atmosphère de travail: «Si vous occupez des postes de direction dans des entreprises, ce genre de conditions font bien sûr partie de l'offre.»

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