Genève: Etangs en ville: un outil face au réchauffement climatique
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GenèveÉtangs en ville: un outil face au réchauffement climatique

Une école montre les multiples bienfaits que peuvent apporter les plans d’eau en milieu urbain.

par
Léonard Boissonnas
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L’étang pilote de l’HEPIA a été installé dans le préau, à côté de la rue de Lyon, non loin de la gare.

L’étang pilote de l’HEPIA a été installé dans le préau, à côté de la rue de Lyon, non loin de la gare.

leo/20 min
Il a été conçu pour montrer les services de ce type d’infrastructure dans le contexte du réchauffement climatique.

Il a été conçu pour montrer les services de ce type d’infrastructure dans le contexte du réchauffement climatique.

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Les végétaux sont tous indigènes. Certains vont rester, d’autres disparaître.

Les végétaux sont tous indigènes. Certains vont rester, d’autres disparaître.

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Un étang dans une cour d’école, en pleine ville, à deux pas du trafic motorisé. Dans le cadre de «Rêvons la ville de demain», organisé par les Hautes Écoles de Genève et par le festival EXPLORE du 5 au 7 mai, la Haute École du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (HEPIA) a installé, dans son préau de la rue de la Prairie, un plan d’eau de 130 m2 et de 80 cm de profondeur. Son but: démontrer les bienfaits en milieu citadin de ce type de structure, peu complexe à installer et peu coûteuse, face au changement climatique et aux grandes chaleurs estivales.

«Cet étang pilote est un outil pédagogique destiné aux étudiants et aux professionnels de l’aménagement, où on montre les différents services que peut rendre un plan d’eau dans un environnement urbain», explique le responsable du projet Beat Oertli, professeur de la filière Gestion de la nature de la Haute École.

Cinq services

Bassin de rétention lors de fortes précipitations, un étang urbain participe à réduire le risque d’inondation et sa végétation permet de restituer une eau de qualité. Il sert aussi d’habitat pour la biodiversité: tritons, crapauds ou grenouilles sont susceptibles d’y venir.

Ce type de bassin contribue à lutter contre les îlots de chaleur, puisque «même un petit plan d’eau a des effets: cela donne un sentiment de fraîcheur, visuellement et de manière sonore s’il y a un écoulement», décrit le spécialiste. Enfin, il aide au bien-être social, en étant un espace de détente, et permet «un rapprochement de la nature et de la ville». «Ce n’est pas avec ce seul étang qu’on peut agir évidemment, mais en réseau, cela a un effet», déclare-t-il.

Un coût modeste

Fruit du travail d’une centaine d’étudiants et d’une vingtaine de collaborateurs, avec la participation des Hautes Écoles d’ingénierie des cantons de Vaud et de Fribourg, le bassin de l’HEPIA a nécessité dix mois pour sa réalisation, «y compris avec la demande d’autorisation». Le coût de ce type de structure n’est pas élevé: pour un étang de base de la même taille, «il faut compter environ 50’000-60’000 francs», rapporte le professeur.

«Autant de possibilités que de contextes»

Voué à être temporaire et démontable facilement, le plan d’eau de la Haute École a été conçu uniquement avec des matériaux recyclables, des végétaux indigènes, et n’a pas nécessité d’ouvrir le sol: «On s’est rendu compte que ce n’était pas possible, alors on a décidé de le faire hors sol, relate Marine Decrey, collaboratrice scientifique à l’HEPIA. Ce n’est pas ce qu’on recommande de faire partout, l’idéal serait de creuser.» Mais cela démontre que «cela peut être facilement réalisable» et qu’il y a «autant de possibilités que de contextes».

Voué à se développer

Et c’est bien là l’une des fonctions principales de ce bassin: convaincre les collectivités, entre autres. Le projet est d’ailleurs soutenu par l’Office cantonal de l’eau et subventionné par la Ville de Genève. «C’est voué à se développer», confirme la scientifique. Une journée de présentation est d’ailleurs prévue à cet effet le 11 mai. Quant à la structure, elle sera en place jusqu’à fin 2024, au moins. Les matériaux utilisés seront ensuite tous recyclés.

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