Incendies à Moria: «Etat de vigilance avancée» dans les camps
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Incendies à Moria«Etat de vigilance avancée» dans les camps

Le gouvernement grec, «préoccupé» de la situation à Lesbos après les deux incendies qui ont ravagé le camp surpeuplé de Moria, a indiqué jeudi avoir accru «sa vigilance» dans les camps migrants. Surtout dans ceux où l’isolement a été imposé pour cause du Covid-19.

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«Nous sommes en état de vigilance avancée et le ministère de la Protection du citoyen maintient un degré élevé» de sécurité dans les camps de migrants où l’isolement a été imposé ces derniers jours après la détection des cas du Covid-19, a indiqué le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas lors d’un point de presse.

Au moins trois camps de migrants près d’Athènes sont en isolement depuis le début de la semaine en Grèce continentale.

Deux incendies

A Lesbos, au lendemain de la détection de 35 personnes contaminées par le Covid-19 à Moria, le plus grand et insalubre camp de l’Europe, et son placement en isolement, deux incendies ont ravagé presque l’ensemble de cette structure, laissant sans abri environ 12’000 personnes.

En Suisse, près de 300 personnes ont réclamé jeudi lors d’une manifestation à Berne l’évacuation des camps de réfugiés suite à cet incendie.

Des demandeurs d’asile attendent de la nourriture, des fruits et de l’eau près du camp de réfugiés de Moria sur l’île de Lesbos, (10 septembre 2020).

Des demandeurs d’asile attendent de la nourriture, des fruits et de l’eau près du camp de réfugiés de Moria sur l’île de Lesbos, (10 septembre 2020).

KEYSTONE

Les orateurs ont appelé à un changement de la politique européenne en matière de réfugiés. Le rassemblement a été organisé par les Jeunes Verts de Suisse et la Jeunesse socialiste suisse, ainsi que par d’autres organisations.

Le gouvernement grec a ouvert une enquête pour déterminer les causes de ces incendies tout en indiquant que des demandeurs d’asile seraient à l’origine des incidents et des feux pour contraindre les autorités de les transférer en Grèce continentale.

Pas de transfert

Stelios Petsas a exclu tout transfert des demandeurs d’asile de Moria sur le continent à l’exception des mineurs non accompagnés. «Certains ne respectent pas le pays qui les accueille (…) ils ont mis un second feu mercredi soir car ils croient qu’ils peuvent quitter l’île. Seuls les enfants non accompagnés seront transférés» en Grèce continentale, a souligné Stelios Petsas.

Le camp de Moria, surnommé «la jungle» et «la honte de l’Europe» en raison de sa surpopulation et ses conditions insalubres, est l’un de cinq centres d’enregistrement et d’identification mis en place par l’Europe sur des îles grecques en mer Égée, lors de la grande crise migratoire de 2015, pour limiter le nombre des exilés venant de la Turquie voisine.

À Berne, près de 300 personnes ont réclamé jeudi l’évacuation des camps de réfugiés en Grèce suite à un incendie.

Keystone

Des mois d’attente

Seules les personnes vulnérables, surtout des familles et des mineurs, sont autorisées à être transférées en Grèce continentale. La grande partie de demandeurs d’asile y sont bloqués pendant plusieurs mois, voire des années.

Le gouvernement de droite au pouvoir depuis un an a durci la politique migratoire et promis la construction de nouveaux centres d’enregistrement fermés à Lesbos et sur les quatre autres îles de la mer Égée où vivent au total plus de 24’000 personnes.

«Fardeau migratoire»

Toutefois les autorités locales réagissent à la construction de nouveaux camps sur les îles soutenant que «le fardeau migratoire» ne doit pas être porté seulement par les îles où le tourisme a subi un coup sérieux ces dernières années, mais aussi par des régions sur le continent.

«Nous subissons depuis 5 ans cette situation, il est temps que d’autres portent ce fardeau», a indiqué Vaguélis Violatzis, président de la commune de Panagiouda, à deux kilomètres de Moria.

«C’est l’occasion où jamais de fermer définitivement Moria. Nous ne voulons pas d’un autre camp et nous allons nous opposer à tous les travaux entrepris», a-t-il ajouté.

Stelios Petsas a toutefois appelé les autorités locales à Lesbos «à coopérer pour trouver une solution immédiate pour faire face à la crise dans laquelle l’île est plongée» et créer un nouveau camp fermé.

«Les incidents à Moria soulèvent des questions sérieuses sur la sécurité nationale, l’humanisme et la protection de la santé. C’est pourquoi la situation à Moria ne peux pas continuer», a-t-il souligné.

Pour une conférence nationale

La ville de Zurich demande au Conseil fédéral d’organiser une conférence nationale après l’incendie qui a ravagé le camp de réfugiés de Moria, sur l’île grecque de Lesbos. Plusieurs villes et communes suisses ont déjà annoncé qu’elles sont prêtes à accueillir des personnes de ce camp.

La Confédération devrait profiter de l’offre faite par ces villes pour agir. Les conditions dans lesquelles doivent désormais vivre environ 12’500 personnes dans le camp de Moria sont inimaginables, ont indiqué jeudi les autorités de la ville de Zurich.

Un accueil direct

Le Conseil fédéral est responsable de la politique d’asile. Mais les villes et les communes sont des partenaires indispensables, par exemple dans le travail d’intégration, souligne la ville de Zurich.

Zurich invite donc le Conseil fédéral à organiser une conférence avec les villes désireuses d’accueillir des réfugiés du camp de Moria. Ça permettrait de mettre en place un accueil direct de ces personnes.

La ville de Lucerne a aussi demandé jeudi aux autorités fédérales d’autoriser la venue de réfugiés du camp de Moria. La situation actuelle nécessite une action immédiate. Les autorités lucernoises sont prêtes à accueillir des personnes de ce camp.

(ATS/NXP)

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