Actualisé 19.08.2015 à 17:27

Genève

Etat et syndicats renouent le dialogue sur les salaires

Le projet de nouvelle grille des traitements, SCORE, va faire l'objet de négociations avec le personnel.

de
Jérôme Faas
Le conseiller d'Etat PDC Serge Dal Busco, chargé des Finances, est parvenu à discuter avec les syndicats.

Le conseiller d'Etat PDC Serge Dal Busco, chargé des Finances, est parvenu à discuter avec les syndicats.

Après des mois de blocage, syndicats et Conseil d'Etat vont s'asseoir à la même table et décortiquer le projet SCORE de nouvelle grille salariale de la fonction publique. Mais leurs espoirs divergent. Les premiers pensent que l'exercice enterrera SCORE. Le second espère sa mise en oeuvre en 2018. Les deux parties ont annoncé ce mercredi la signature d'un protocole réglant les discussions à venir.

«Un groupe de travail va étudier à la loupe une cinquantaine de métiers-test», explique Marc Simeth, chef du Cartel intersyndical. Ce cénacle disposera, c'est une première, de tous les critères utilisés par GFO, l'entreprise qui a élaboré la grille. Et il les comparera avec la réalité de terrain vécue par les employés. «Nous avons de gros doutes sur la méthode employée par GFO. Si sur 50 fonctions, deux coincent, ce sera rapide. Si c'est une quarantaine, ce sera différent», prophétise Marc Simeth.

«On va travailler par domaines de métiers, précise Grégoire Tavernier, chef de l'office du personnel. Le protocole montre qu'un accord existe pour contrôler la grille, si besoin l'ajuster. Il y a cette ouverture.» Première étape: hiérarchiser les professions.

Le processus ne s'accompagne d'aucune garantie. Le Conseil d'Etat n'a pas promis de ne pas passer en force, les syndicats n'excluent pas un mouvement social. Mais la trêve est actée, même si les positions sont éloignées. «En l'état, 42% de fonctionnaires y perdraient, calcule Marc Simeth. Pourquoi devrait-il y avoir des perdants?»

"Un discours franc"

«On va enfin pouvoir faire nous-mêmes une analyse technique de la grille salariale, c'est la finalité du dialogue qu'on a eu avec le conseiller d'Etat Serge Dal Busco, se réjouit Marc Baudat, patron du groupement des associations de police. Il a eu un discours franc, n'a pas tenté de nous vendre Alice au pays des merveilles.» Marc Simeth, chef du Cartel, note aussi que c'est «sur l'initiative» du patron des finances que le groupe de travail est né. Mais il juge «impossible» une issue d'ici 2018.

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