Actualisé 14.04.2007 à 14:44

Etoffer les effectifs policiers au détriment de l'armée

Dégraisser le service de sécurité de l'armée pour renforcer les effectifs des polices cantonales: le président de la Fédération suisse des fonctionnaires de police Heinz Buttauer propose cette solution pour pallier le manque de policiers.

«Je ne suis pas contre l'armée, mais elle est surdimensionnée», indique Heinz Buttauer dans une interview samedi à la «Neue Luzerner Zeitung». Pour lui, des économies réalisées au sein de l'armée permettraient d'investir davantage de moyens dans le recrutement de personnel au sein des corps de police.

Ce n'est pas la première fois que le syndicat dénonce un manque de policiers, qu'il chiffre à 1600 personnes. A cela s'ajoutent les heures supplémentaires que les gardiens de l'ordre collectionnent: celles-ci se monteraient à un million par an.

Polices privées et volonté politique

A raison de 2500 heures de travail, cela correspond à 400 temps pleins, calcule M. Buttauer. En tout, «ce sont donc 2000 personnes qui font défaut à ce jour». Et de proposer que les 26 cantons débloquent des fonds pour recruter des forces, par exemple en prélevant un montant fixe sur les amendes.

Il y a un manque de volonté politique en la matière, estime le président de la Fédération suisse des fonctionnaires de police. Le monde politique se soucie certes de sécurité en élaborant de nouvelles lois et ordonnances, mais il ne donne pas les moyens de les appliquer à la police. «On préfère déléguer cela à des privés qui se prennent pour des shérifs, sans en avoir les compétences.»

L'école aux enseignants

Et de dénoncer aussi la tendance à faire appel à la police dès que la société est confrontée à un nouveau problème, comme l'ont montré les récents débats sur la violence des jeunes. «Je me demande pourquoi la police devrait être sur tous les fronts», répond-il aux politiciens qui voudraient voir la police dispenser des cours sur la violence, à l'image de ceux sur la circulation routière.

Ce qui se passe à l'école et dans la cour de récréation est avant tout du ressort des enseignants, estime Heinz Buttauer. «Ils doivent être dans la cour par n'importe quel temps, intervenir pour calmer les conflits et chercher le dialogue avec les élèves.» Et de faire appel, pour résoudre le problème de la violence des jeunes,à «l'imagination» des professeurs et des autorités scolaires.

(ats)

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