GÉNÉRATION: Être adulte, un jeu d'enfants
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GÉNÉRATIONÊtre adulte, un jeu d'enfants

Les gamins vont en disco comme les grands. Version débridée en Russie, version soft en Suisse.

par
Marine Guillain

Aujourd'hui, les discothèques ne sont plus réservées aux plus de 18 ans. Les jeunes Russes sont ravis d'en avoir une juste pour eux. A l'Underground Garage, les minettes jouent les stars à grands coups de maquillage, cheveux ultra-lissés et soutien-gorge. Les garçons ne sont pas en reste, avec T-shirts branchouilles (s'ils ne paradent pas torse nu) et lunettes de soleil. Quand elle n'est pas trop occupée par la drague, les cocktails (sans alcool) et les jeux sexy, la jeunesse débridée de Tcheliabinsk prend des poses lascives et lance des regards provocateurs aux photographes. Aux oubliettes, les mignonnes boums de l'école primaire!

Imitant quelques boîtes françaises qui s'ouvrent aussi aux mineurs jusqu'à 23 h, des clubs romands, comme les Docks et l'Usine, ont tenté de lancer des projets dans une optique socioculturelle. Mais la sauce n'a pas pris.

Plus soft, le concept «Baby loves disco» fait fureur. Plusieurs dimanches par an, parents et enfants (entre 2 et 9 ans) se trémoussent sur des morceaux endiablés, allant d'Abba à Justin Bieber. Un concept né il y a une dizaine d'années à New York, et qui vient de débarquer chez nous. «Notre but est que les gens s'amusent, expliquent les deux initiatrices de ce projet. Nous-mêmes mamans de cinq filles, nous avons remarqué qu'il y avait peu d'activités qui enthousiasmaient les familles. Nous voulons faire bouger la ville!»

Prochaine soirée: Halloween Disco Party, le 6 novembre

à la Brasserie des Halles-de-l'Ile, à Genève. Dès 15 h.

JEUNESSE BRANCHÉE

Night-clubs, mode et multimédias, les petits veulent entrer dans le monde des adultes à tout prix et tout de suite. «Les parents sont de moins en moins sûrs d'eux, estime le Dr. Trojan, médecin au service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent. Ils ont peur d'interdire et laissent une grande liberté à leur progéniture».

Selon notre spécialiste, l'économie vise toujours plus les jeunes (à travers la pub par exemple) et les ados subissent la pression du groupe. «Le paraître est très important pour eux. Porter un vêtement de marque et avoir un iphone, c'est cool».

Du côté des adultes, on remarque le phénomène inverse avec une tendance au «syndrome Peter Pan». Ils s'attardent dans une jeunesse immuable. Par exemple, en allant au bar parisien «Zéro de conduite», qui sert des cocktails aux noms de personnages fictifs dans des biberons, sur fond de dessins animés.

GEEKS PRÉCOCES

30 % d'enfants britanniques de moins de 10 ans possèdent déjà un téléphone portable. Selon l'étude, réalisée auprès de 2000 familles, un enfant sur dix a un iPhone et un sur vingt un iPad. Quant à l'ordi portable, 16% en ont un. Ces futurs geeks sont 25 % à disposer d'une adresse e-mail et 8 % d'un compte Facebook.

Le défilé automne hiver de Fendi pour le enfants. A croquer!

Les bambins testent la mini-disco avec enthousiasme.

Un remix de «Forever Young» déchaine les marmots.

Restaurer le vrai rôle de l'adulte

Dans cet ouvrage, un grand connaisseur de l’adolescence détaille savamment les infinies contradictions propres à cette période difficile. Pour l’ado lui-même, mais aussi pour ses parents, en manque de réponses à leurs propres questions.

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