«Etre élu jeune tient du miracle»
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«Etre élu jeune tient du miracle»

A 35 ans, Christophe Darbellay sera vraisemblablement élu samedi à la présidence nationale du PDC.

Cet ancien élève turbulent deviendra ainsi un des plus jeunes chefs d'un parti gouvernemental

Etre un «jeune loup», en politique, c'est un handicap?

Dans les partis de droite, une élection à moins de 40 ans tient du miracle. Les jeunes, c'est 30% de la population, mais 2% du Parlement. Mon rêve serait de faire élire quelqu'un de 20-25 ans au Conseil national. Quand on décide d'une loi, on ne peut pas avoir seulement des gens qui, dans quarante ans, lorsqu'elle déploiera tous ses effets, mangeront les pissenlits par la racine.

Pourquoi si peu de jeunes?

On est dans un système où il faut avoir gravi les échelons. La volonté d'intégrer les jeunes manque aussi. Ceux qui s'intéressent à la politique s'engagent dans les associations, des clubs sportifs, les ONG. Il faut aller les chercher, mais les partis ne font pas cet effort.

Vous, vous êtes tombé dans la marmite quand vous étiez petit?

J'avais une passion pour l'engagement, dans des sociétés sportives et autres. A 15 ans, j'étais chef scout et j'ai organisé un tour du Valais en mulets resté mythique! J'ai tout organisé, y compris la négociation du prix des mulets et une assurance, au cas où une des bêtes aurait l'idée de sauter sur une voiture… On parlait politique autour de la table familiale (n.d.l.r.: son oncle Vital était conseiller national PDC). Au gymnase, on disait «Darbellay, c'est le politicien». Je m'intéressais énormément à la politique, depuis l'âge de 4 ou 5 ans, mais je voulais faire vétérinaire. Après, tout s'est fait naturellement, au gré des rencontres et lorsqu'on m'a proposé d'être candidat aux élections fédérales.

La politique s'intéresse-t-elle aux problèmes des jeunes?

Le fait que le chômage des 20-24 ans soit trois fois supérieur à la moyenne suisse me préoccupe beaucoup. Le PDC propose, par exemple, des mesures d'incitation pour les entreprises qui engagent des jeunes, qui forment des apprentis. Il y a aussi tout le dossier de la formation et de la recherche. L'augmentation du budget de 4% proposée par le Conseil fédéral est insuffisante: 6% est le minimum qu'on doit viser pour pouvoir avoir un système qui vise l'excellence.

Vous avez déposé des interpellations sur la violence des jeunes. Un sujet qui vous interpelle particulièrement?

La violence en bandes m'inquiète. J'en parle, par exemple, avec ceux que je prends en auto-stop. Je me suis interposé dernièrement dans une bagarre en gare de Fribourg à 17 h. Deux bandes étaient en train de se casser la figure. Personne ne bougeait. A l'école, une idée serait d'impliquer les élèves plus âgés et de leur donner des responsabilités, comme les «grands frères» dans les trains.

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