Vaud: Être marié ici n'est pas une garantie contre l'expulsion
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VaudÊtre marié ici n'est pas une garantie contre l'expulsion

À 42 ans, un Italien a beaucoup coûté à l'aide sociale. Malgré sa récente union, ce père de famille devra rentrer au pays.

par
Christian Humbert
Le quadragénaire n'a plus d'autre choix que de retourner chez lui, en Italie.

Le quadragénaire n'a plus d'autre choix que de retourner chez lui, en Italie.

Keystone/AP

La Cour administrative du Tribunal cantonal vaudois vient de statuer sur l'expulsion d'un Italien de 42 ans. Arrivé en Suisse à l'âge de 21 ans, il n'a quasi jamais travaillé. Il a déjà coûté des centaines de milliers de francs à l'aide sociale et il est dans l'attente d'une rente AI. Surtout, il a su jouer de sa situation familiale et de ses rares périodes d'emploi pour retarder son retour au pays.

Ainsi, à peine débarqué en juin 1999, l'Italien a épousé une compatriote. Le couple, au bénéfice de l'assistance publique, s'est séparé en 2004: l'homme, père d'une fille, dilapidait son argent au casino. À ce stade, il avait déjà coûté 260'000 fr. au Canton et aurait dû être expulsé. C'est alors qu'il a présenté des contrats de travail de courte durée (lire encadré).

Puis, l'homme s'est remis en couple, cette fois avec une jeune femme enceinte, «en recherche d'emploi» depuis des années. L'union a été célébrée alors que le recourant était en situation illégale et un enfant est né, en 2017.

Néanmoins, le Service vaudois de la population (SPOP) a maintenu son avis d'expulsion. Le quadragénaire y a fait opposition, invoquant le regroupement familial et un autre enfant à venir. Mais le Tribunal n'a pas plié: le couple est toujours au social et l'homme, qui n'est plus travailleur communautaire depuis longtemps, n'a aucune attache sociale ici. Il peut être soigné dans son pays, d'où il lui sera facile d'avoir un contact avec ses enfants. Son expulsion a été confirmée, au nom de l'intérêt public. 

Toujours prêt à bosser quand il le fallait

Le quadragénaire a brandi un contrat de travail à chaque fois que le service de population (SPOP) a décidé de l'expulser. Mais il ne gardait jamais longtemps un emploi. Engagé en juin 2013, par exemple, il a démissionné deux mois plus tard parce que «cette activité ne correspondait pas à ses aspirations professionnelles». À nouveau menacé de devoir retourner en Italie, il a dégainé un autre contrat temporaire. C'est à ce moment-là qu'il a été accidenté et opéré. Invoquant un «état dépressif», il a demandé une rente invalidité (AI).

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