Actualisé 21.12.2016 à 08:52

Genève

Etudiant tchétchène libéré pour son anniversaire

L'Université s'était mobilisée mardi pour éviter l'expulsion d'un jeune de 25 ans. Il a été libéré dans la soirée.

de
mag/tpi
1 / 3
Quelque 150 étudiants se sont réunis mardi matin dans le hall de l'Uni Bastions, où Dagun suit un cursus en français langue étrangère et russe.

Quelque 150 étudiants se sont réunis mardi matin dans le hall de l'Uni Bastions, où Dagun suit un cursus en français langue étrangère et russe.

20Minutes
Le jeune homme doit souffler ce mardi ses 25 bougies.

Le jeune homme doit souffler ce mardi ses 25 bougies.

20Minutes
20Minutes

«Le miracle de Noël s'est produit». L'avocate de l'étudiant qui était détenu à Frambois (GE) en attente de son renvoi vers la Russie a indiqué sa libération. Selon Me Magali Buser, Dagun a été relâché mardi vers 21h30. Jour de son anniversaire.

«Cette libération s'est faite sur la base d'éléments transférés par l'Université tard hier soir», confirme le Département genevois de la sécurité (DSE). Ils permettent de formaliser une nouvelle demande aux autorités fédérales. Le cas reste en suspens, mais il ne justifie pas la détention.

Le jeune Dagun dormait depuis quinze jours dans le centre de détention administrative genevois Frambois en attente de son renvoi vers la Russie. Etudiant de 3e année en Lettres à l'Université, il avait vu sa demande d'asile refusée par Berne. Il a fêté son 25e anniversaire mardi. Le même jour, quelque 150 étudiants soutenus par la direction de l'alma mater se sont mobilisés contre son départ, imminent selon eux. Tous craignaient pour sa vie s'il venait à rentrer dans son pays d'origine.

Mardi, le DSE disait que «le canton ne dispose d'aucune voie de recours s'agissant d'appliquer une décision fédérale». Ce mercredi matin, il confirme mais précise qu'il peut «en revanche surseoir si des éléments nouveaux fondent à demander un réexamen. Le cas reste suspendu à la décision finale de la Confédération».

Une opinion qui pourrait lui valoir des représailles

Dagun s'est exprimé publiquement, dans ses écrits académiques, pour la défense du peuple et de la culture tchétchènes, d'où il est issu. Une position qui pourrait lui valoir des représailles. «S'il rentre en Russie, sa situation personnelle serait très dangereuse et nous porterions une part de responsabilité s'il lui arrivait quelque chose», avait appuyé le doyen de la Faculté des Lettres, Jan Blanc, ajoutant que Dagun était «parfaitement intégré».

«Quel indescriptible bonheur!»

Après l'annonce de sa libération, le jeune étudiant a lui laissé explosé sa joie sur les réseaux sociaux, comme le rapporte la «Tribune»: «Oooouuuuffffff, enfin libre !!! Quel indescriptible bonheur !!! Je n'ai pas encore assimilé ce qui vient de m'arriver... Les gardiens m'ont dit que je me souviendrais de cet anniversaire-ci toute ma vie. Rien de plus vrai !.. Un immense merci à toutes et à tous pour cette adorable et incroyable campagne de soutien ! Aujourd'hui, je suis tombé amoureux de l'humanité...» L'étudiant va reprendre ses cours dès aujourd'hui.

Système de détection à améliorer

L'Unige ne demande pas la nature du permis de séjour à ses étudiants et ne connaît donc pas leur situation administrative. Le cas de Dagun a été signalé au rectorat par les associations d'étudiants. «Nous les remercions de nous avoir sollicités. Au-delà de ce cas particulier, nous devons réfléchir à comment détecter plus tôt ce genre de situation afin de pouvoir agir beaucoup plus vite», a affirmé la vice-rectrice Micheline Louis-Courvoisier.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!