Etudiants français tués: un homme arrêté
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Etudiants français tués: un homme arrêté

La police britannique a arrêté samedi un homme de 21 ans dans le cadre de l'enquête sur la mort de deux étudiants français sauvagement poignardés à Londres.

Elle s'intéresse à un possible lien entre ce double meurtre et un cambriolage survenu une semaine plus tôt.

L'homme a été interpellé aux premières heures de samedi et placé en garde à vue dans un commissariat du sud-est de Londres, a précisé Scotland Yard sans autres précisions. La police n'a pas souhaité indiquer s'il s'agit de l'homme blanc qu'elle recherchait et qui avait été aperçu en train de s'enfuir des lieux du drame le 29 juin vers 22 h.

Il s'agit de la première interpellation depuis le meurtre des deux étudiants français de 23 ans, qui ont été ligotés et poignardés à plusieurs centaines de reprises au total. Le studio dans lequel les jeunes hommes se trouvaient a ensuite été incendié.

Cambriolage

Les enquêteurs s'orientent pour l'instant sur la piste d'un ou de plusieurs toxicomanes qui pourraient avoir torturé les deux étudiants afin d'obtenir le code de leur carte bancaire.

Ils essaient de savoir si leur assassinat a un lien avec un cambriolage qui a eu lieu le 23 juin dans ce même studio que louait l'un des deux étudiants depuis mai dans le quartier populaire de New Cross dans le sud-est de Londres. Un ordinateur portable avait alors été dérobé.

La police scientifique n'a relevé aucune trace d'effraction le soir du drame. Scotland Yard se demande si le même cambrioleur qui, embarquant au passage un jeu de clés du studio avant de s'enfuir, est revenu une semaine plus tard.

Extrême violence

Deux consoles de jeu ont disparu le jour du double assassinat, ainsi que des cartes de crédit. La police n'a pas précisé s'il elles avaient été utilisées depuis le double meurtre.

L'enquête s'annonce d'autant plus difficile qu'aucun mobile, pas même le vol, ne justifie la violence extrême de ce double meurtre: les deux étudiants ont été ligotés, bâillonnés et poignardés près de 250 fois à eux deux, avant que le ou les agresseurs ne mette(nt) le feu à l'appartement, sans doute pour tenter d'effacer les traces des meurtres.

L'inspecteur en charge de l'enquête Mick Duthie a évoqué une certaine préméditation car l'incendie a été attisé avec un produit inflammable: «Il n'y a aucune indication tendant à suggérer que ces jeunes avaient un quelconque liquide inflammable dans l'appartement».

Drogue ou maladie mentale

Les deux brillants étudiants en biochimie qui effectuaient un stage de trois mois au prestigieux Imperial College de Londres en partenariat avec leur université de Clermont-Ferrand n'avaient aucun antécédent judiciaire. Leur retour en France était prévu fin juillet.

La presse britannique évoquait samedi la piste d'un cambrioleur qui, sous l'effet de la drogue ou d'une maladie mentale, se serait acharné sur ses victimes. Autre piste possible: le tueur visait un ancien locataire de l'appartement.

Cinq jours après le drame, les témoignages d'anciens camarades bouleversés continuaient d'affluer sur les blogs et autres sites de socialisation sur internet.

Depuis le début de l'année, 18 jeunes ont été tués au couteau dans la capitale anglaise, mais le meurtre des deux Français se distingue par sa sauvagerie. (ats)

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