Mexique: Etudiants massacrés: la blague douteuse de Nestlé
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MexiqueEtudiants massacrés: la blague douteuse de Nestlé

Un tweet promotionnel comparant les 43 élèves assassinés à une tablette de chocolat Crunch provoque un scandale, dans un Mexique traumatisé.

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arg

La multinationale suisse a présenté des excuses pour le moins embarrassées, lundi, après qu'une étrange blague est apparue sur le compte Twitter d'une de ses marques, le chocolat Crunch. «A los de Ayotzinapa les dieron Crunch»: Ce jeu de mot, que l'on peut traduire approximativement par «Ceux d'Ayotzinapa ont fait Crunch», est apparu dimanche. Il ferait référence au fait que les corps des étudiants de l'école normale d'Ayotzinapa ont été broyés avant d'être jetés dans une rivière.

Les 43 jeunes étaient portés disparus depuis fin septembre. Ils ont été enlevés et exécutés à la suite d'incidents meurtriers dans la ville d'Iguala, au sud de Mexico.

Une vague d'indignation a immédiatement déferlé sur la firme pour cette exploitation cynique et insensible de la tragédie, raconte le site du quotidien britannique «The Independent». Dans la foulée, un appel au boycott des produits Nestlé a été lancé.

«Vulnérabilité»

«Nous regrettons profondément la détresse que nous avons pu causer, a réagi un porte-parole du géant de l'agroalimentaire. Nous comprenons et partageons la préoccupation du public à propos de ce post.» L'origine de la plaisanterie n'a pas été précisée. L'entreprise a mis en cause une «vulnérabilité» de son compte Twitter, sans en dire davantage.

Une série de manifestations violentes ont éclaté à travers le pays depuis samedi. Les autorités sont accusées d'avoir cautionné le massacre, apparemment commandité par le maire d'Iguala et sa femme et perpétré par des policiers corrompus.

Le siège régional du parti au pouvoir incendié

Des manifestants ont incendié mardi le siège du parti gouvernemental dans l'Etat de Guerrero, dans le sud du Mexique, au cours d'une nouvelle manifestation de colère après l'annonce du probable massacre des 43 étudiants disparus fin septembre. Au moins cinq personnes ont été blessées, trois policiers et deux journalistes, selon la protection civile, tous atteints par des jets de pierres. Parmi les journalistes blessés figure un photographe de l'AFP, Jesus Guerrero.

Cet incendie du siège du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) au pouvoir, est intervenu pendant une manifestation à Chilpancingo, capitale de l'Etat de Guerrero. Un millier d'étudiants de l'école normale dans laquelle étudiaient les disparus et des enseignants appartenant à l'aile radicale de leur syndicat, s'étaient mobilisés, armés de pierres, de bâtons et de cocktails Molotov. -AFP

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