Vaud: Etudiants pauvres: dans le pétrin à cause de l'Etat

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VaudEtudiants pauvres: dans le pétrin à cause de l'Etat

Un syndicat dénonce les retards dans l'attribution d'aides et de bourses. Le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard exclut un système d'avances.

par
Xavier Fernandez
Les étudiants précaires craignent de devoir attendre plus de six mois avant de savoir s'ils auront droit aux bourses et subsides.

Les étudiants précaires craignent de devoir attendre plus de six mois avant de savoir s'ils auront droit aux bourses et subsides.

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Intitulée «Rentrée universitaire: une troisième saison en enfer pour les étudiant-e-s précaires?», la missive martèle qu'il y a urgence. Dans ledit courrier, adressé mercredi au conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard, le syndicat estudiantin SUD-EP rappelle que les jeunes ayant sollicité une bourse, ainsi qu'un subside pour l'assurance maladie, doivent parfois attendre jusqu'au deuxième semestre pour qu'une décision soit prise et, donc, toucher leur argent.

Dans l'intervalle, ils font face à d'importants frais. «De plus, en tant qu'étudiants, nous n'avons pas droit à l'aide sociale. Le plus souvent, ce sont donc les parents ou les services sociaux des écoles qui sont contraints de se substituer à l'Etat. C'est inadmissible!» déplore Arthur Auderset, membre de la coordination de SUD-EP. Et ce dernier de souligner que, pour ce qui est des assurances: «Elles font parfois preuve de patience durant un mois ou deux. Mais, passé ce délai, elles n'hésitent pas à mettre les étudiants aux poursuites.»

Travailler au détriment des études

Pour certains, la situation en revient même à «parier» sur l'octroi de la bourse, puisqu'ils ne sont pas certains qu'au final ils y auront droit. D'autres, en revanche, préfèrent ne pas prendre de risques et se cherchent un emploi alimentaire. «Mais c'est un non-sens. D'abord, parce que le temps investi dans un travail se fait au détriment de la qualité des études. Et si, au final, une bourse est concédée, elle est amputée des montants perçus par le biais de ce job. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si près de 80% des étudiants (un taux parmi les plus élevés d'Europe) bossent en marge des études, alors que ces dernières sont considérées comme une occupation à plein temps», poursuit Arthur Auderset.

Concrètement, le syndicat exige que Pierre-Yves Maillard, chef du Département de la santé et de l'action sociale, s'engage à faire en sorte que les délais d'attente soient réduits au minimum. «Et nous voudrions aussi savoir pourquoi l'Etat n'avance pas cet argent, comme le font les cantons de Genève et du Valais. Les services concernés ont accès à tous les renseignements nécessaires pour le faire dans leurs bases de données», commente le jeune homme.

Du personnel a été engagé

Et le conseiller d'Etat de rétorquer: «Une séance d'information sera organisée avec les associations et syndicats d'étudiants à ce sujet en octobre. Nous pourrons faire le point sur les renforts de personnel tant pour les bourses que pour les subsides à l'assurance. De ce fait, la situation s'améliore progressivement. Les retards sont moindres. Mais il faut aussi tenir compte qu'entre l'augmentation massive des primes de cette année, et la règle du 10% (ndlr: dès 2019, si les primes dépassent 10% des revenus, la personne aura droit à un subside) c'est près de 40% des Vaudois qui sont concernés. Je ne peux donc pas promettre qu'il n'y aura pas de retards.»

Quant à la question d'une éventuelle avance, Pierre-Yves Maillard répond que: «Si on le faisait, cela alourdirait encore les démarches administratives, au sens où il y aurait une forme de double contrôle. Beaucoup de cantons tendent à réduire le nombre des personnes ayant droits aux subsides. Ici, nous préférons améliorer la situation de la majorité des citoyens plutôt que le contraire, quitte à provoquer des retards dans les décisions.»

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