Actualisé 20.05.2014 à 11:53

PsychologieEtudier ce que l'école n'enseigne pas

Un lieu où apprendre ce qui n'est pas au programme des cours, c'est la «School of Life», qui a ouvert à Paris. Elle répondrait à des questions comme: «comment faire durer l'amour».

Pour l'instant, la majorité des personnes qui assistent à ces cours à Paris sont des femmes.

Pour l'instant, la majorité des personnes qui assistent à ces cours à Paris sont des femmes.

La «School of Life», qui vient d'ouvrir à Paris, après d'autres capitales (Londres, Amsterdam), proposerait d'aider à répondre à des questions existentielles telles que «comment faire durer l'amour», «avoir de meilleures conversations» ou «faire face à la mort» ? Le jour, c'est une petite librairie simple et discrète, nichée au cœur de la capitale qui, en soirée, se transforme en salle de classe pour adultes en quête de sens.

Le concept? Proposer au travers d'un enseignement à base de culture générale, mais aussi d'interactions entre les participants, des pistes de réflexion pour répondre à ses interrogations fondamentales. A première vue, on pourrait croire à un énième stage pour bourgeois-bohêmes en mal d'introspection, surfant sur la vague du développement personnel. Mais la directrice, Fanny Auger, s'en défend. «On ne promet pas des réponses toutes faites mais, à partir d'exemples tirés de la littérature, de l'art ou de la vie concrète, des pistes et surtout une envie de réfléchir et d'aller plus loin», explique-t-elle.

La formule a fait mouche auprès des premiers élèves, une trentaine par soir et par session, qui ont étrenné l'école dont les cours se déroulent du lundi au vendredi de 19H30 à 22H00. Chacun peut s'inscrire à un seul cours à la fois pour 35 euros (43 fr.). Une majorité d'entre eux sont des femmes (dès 20 ans), note Fanny Auger qui reconnaît que les hommes sont un peu plus pudiques lorsqu'il s'agit d'évoquer leurs sentiments.

De multiples cours et ateliers

De multiples cours et ateliers

Fanny Auger, la directrice à Paris, anime un cours qui vise à «avoir de meilleures conversations». «Paradoxalement, je propose quelques clés pour apprendre à gérer les silences car on craint souvent les blancs qui peuvent se glisser dans une conversation», explique-telle.

Elle dit aussi alterner les exercices pratiques et les exemples empruntés à la littérature, «aussi bien à Tintin qu'à Platon, aux Beatles ou à Woody Allen». «J'utilise notamment le travail d'une artiste américaine, Nina Katchadourian qui, pour tromper son ennui lors des longs vols en avion, se photographie dans les toilettes déguisée à l'aide d'objets divers trouvés à bord», poursuit-telle. La directrice-animatrice invite à visionner sur internet la saisissante et loufoque série d'autoportraits de l'artiste déguisée en nonne et inspirée des peintures flamandes.

L'atelier «Comment faire durer l'amour», quant à lui, aborde ces questions intimes sous la houlette d'une animatrice au parcours éclectique, tour à tour journaliste, commerçante, styliste et aujourd'hui DJ. «C'est justement le type de profil que l'on cherche pour venir enseigner chez nous, ceux que l'on appelle les slasheurs, des zappeurs professionnels qui multiplient les expériences professionnelles», assure la directrice qui dit avoir encore une foule d'idées de cours, «mais pas encore les professeurs pour les enseigner».

(afp)

Une méthode inventée par un suisse

Née à Londres en 2008 de l'imagination de l'écrivain d’origine zurichoise Alain de Botton, la première «School of Life» a depuis 2013 des petites sœurs à Melbourne et Rio, et depuis fin avril à Amsterdam et Paris. Fils d'un financier suisse, l'auteur vit dans la capitale britannique depuis ses huit ans. Il a écrit notamment, «Comment Proust peut changer votre vie», «Petite philosophie de l'amour» et «L'architecture du bonheur». A Londres, la School of Life qu'il a fondé propose des consultations de «bibliothérapie»: le «patient» repart avec une liste de livres qui lui sont conseillés pour mieux vivre sa vie.

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