Affaire Timochenko: Eugenia craint pour la vie de sa mère
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Affaire TimochenkoEugenia craint pour la vie de sa mère

Eugenia Timochenko, fille de Ioulia, craint pour la vie de sa mère, condamnée en octobre dernier à sept ans de prison pour abus de pouvoir dans la signature d'un contrat gazier avec la Russie.

La fille de l'ex Premier ministre ukrainien est venu à Strasbourg pour défendre sa mère.

La fille de l'ex Premier ministre ukrainien est venu à Strasbourg pour défendre sa mère.

Eugenia Timochenko a dit mardi craindre que la vie de sa mère Ioulia ne soit en danger, à l'issue d'une nouvelle audience de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) sur le cas de l'ex-Première ministre ukrainienne, mardi. «Sa vie est vraiment en danger», a déclaré Eugenia Timochenko à l'AFP à l'issue de cette audience à Strasbourg. «Nous essayons par tous les moyens de la défendre. Le plus important maintenant est la décision de la cour de cassation ce mercredi à Kiev, mais ici à Strasbourg c'est notre dernier recours», a-t-elle ajouté.

«Votre Cour constitue le seul espoir de Mme Timochenko»

Au cours de cette audience de chambre de la CEDH, exceptionnellement ouverte au public, les représentants du gouvernement ukrainien et ceux de Mme Timochenko ont répété leurs arguments concernant la légalité ou non de sa condamnation, ses conditions de détention et de traitement médical. «Votre Cour constitue le seul espoir de Mme Timochenko», s'est écrié en conclusion de son intervention l'un de ses représentants, Serguei Vlasenko.

Il a soutenu que la seule raison de sa condamnation et de sa détention était la volonté de l'actuel gouvernement ukrainien d'empêcher sa principale opposante de participer aux prochaines élections législatives, le 28 octobre. Le représentant de l'actuel gouvernement ukrainien, Nazar Kulchytsky, a réfuté en bloc les griefs, allant jusqu'à accuser Mme Timochenko de s'être infligée elle-même des blessures.

Traitement médical adéquat

En mars dernier, la CEDH avait demandé au gouvernement de Kiev de «veiller à ce que Mme Timochenko bénéficie d'un traitement médical adéquat dans une institution appropriée». Fin mai, elle avait levé cette «mesure provisoire, la requérante suivant un traitement à l'hôpital de Kharkov sous la surveillance d'un neurologue extérieur à cet établissement». Elle avait aussi refusé un mois plus tôt la demande de Mme Timochenko d'être soignée dans un hôpital allemand.

Décision ultérieurement

En fin d'audience, trois juges de la CEDH ont posé des questions extrêmement précises aux deux parties sur les conditions de détention et de traitement médical de Ioulia Timochenko. Le président de la chambre, le juge luxembourgeois Dean Spielmann, a indiqué que la CEDH rendrait sa décision «à un stade ultérieur», à une date non précisée.

Incarcérée depuis un an, Mme Timochenko a été condamnée en octobre dernier à sept ans de prison pour abus de pouvoir dans la signature d'un contrat gazier avec la Russie jugé désavantageux pour son pays du temps où elle était chef du gouvernement.

Egérie de la Révolution orange en Ukraine en 2004, elle a toujours soutenu que ce procès était le résultat d'une vengeance personnelle du président Viktor Ianoukovitch, élu en 2010. Devant la Cour de Strasbourg, ses représentants ont fait valoir que sa détention était motivée par des raisons politiques et que ses conditions de détention étaient «inhumaines». Ils ont notamment déploré qu'elle ait fait l'objet d'une surveillance ininterrompue à l'hôpital de Kharkov (400 km à l'est de Kiev), où elle a été transférée.

La Cour de cassation ukrainienne a annoncé lundi qu'elle rendrait ce mercredi sa décision sur le pourvoi de l'ex-Première ministre contre sa condamnation à sept ans de prison. Cette affaire a provoqué une grave crise dans les relations entre Kiev et l'Occident, qui considère qu'elle obéit à des motivations politiques et réclame la libération de l'opposante.

(afp)

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