Euro 2008: la Roumanie pour passer les Bleus au révélateur
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Euro 2008: la Roumanie pour passer les Bleus au révélateur

Faire du «groupe de la mort» un tremplin vers la victoire finale, tel est l'objectif de l'équipe de France de football dans l'Euro 2008 qu'elle va aborder lundi par un match compliqué face à la Roumanie.

Les Bleus, sacrés en 1984 et 2000, entendent faire respecter en Suisse leur statut de vice-champions du monde, pour se hisser vers la finale du 29 juin en Autriche où, si tout se passait bien, ils pourraient retrouver l'Allemagne.

Mais d'ici là, il faudra survivre au groupe C du premier tour, avec la Roumanie en hors d'oeuvre à Zurich, puis les rugueux Pays-Bas à Berne le 13 juin et enfin l'Italie championne du monde, le 17 avril, à nouveau à Zurich.

Raymond Domenech a prévenu qu'il s'agira de «se sortir du guêpier dans lequel nous a placés le tirage au sort», mais aussi tenté de dédramatiser en indiquant «que perdre un premier match n'empêche pas forcément d'aller au bout» d'une compétition.

Le sélectionneur, qui devra se passer de son capitaine Patrick Vieira blessé, se méfie de cette Roumanie qui a récemment «battu la Russie 3-0. Ce n'est pas par hasard, c'est qu'il y a du talent».

Sans Vieira ni Zinédine Zidane absent d'une phase finale pour la première fois depuis 1992, les Bleus vont devoir innover, accepter d'être passés au révélateur des Roumains entraînés par Victor Piturca. Car la vraie question n'est pas de savoir s'il faut aligner un milieu en triangle ou en calisson d'Aix, mais de connaître le niveau exact des Bleus version 2008.

Les trois matches de préparation contre l'Equateur (2-0), le Paraguay (0-0) et la Colombie (1-0) n'ont pas apporté une réponse claire concernant la solidité de l'édifice. Si la défense n'a pas encaissé de but, si l'attaque s'est créé de nombreuses occasions, l'emprise du groupe sur les rencontres n'a jamais été totale.

«On a su bien défendre et se projeter vers l'avant», remarque Claude Makelele, qui sera associé à la récupération à Jérémy Toulalan, en l'absence de Vieira. «Notre force consiste à ne pas encaisser de but et marquer le premier but qui fait du bien. Au milieu, on joue toujours dans le même système à deux devant la défense. L'essentiel au milieu, c'est l'équilibre, le schéma dépendra de l'adversaire, mais les modifications ce sont les joueurs qui les font sur le terrain».

Franck Ribéry, trois fois titré avec le Bayern Munich cette saison, est appelé à devenir définitivement le nouveau chef d'orchestre d'un ensemble souvent vêtu de rouge désormais, clin d'oeil étrange à la couleur du carton d'invitation reçu par Zidane pour la célébration de ses adieux à Berlin en 2006. Sa relation privilégiée avec Karim Benzema s'est montrée prometteuse lors des matches de préparation. Le Lyonnais pourrait être la révélation de l'Euro, si Domenech lui fait confiance.

Car le sélectionneur va en effet devoir effectuer des choix judicieux, à tous les postes importants. En défense, Lilian Thuram a 36 ans, Makelele a fêté ses 35 dans l'entrejeu, et Thierry Henry a atteint la trentaine en attaque. L'âge est-il toujours un facteur d'expérience dans une compétition où il faudra enchaîner les rencontres tous les quatre jours?

La France, qui a peiné à sortir de son groupe qualificatif, menacée jusqu'au bout par l'Ecosse, devrait aligner face à la Roumanie la défense vice-championne du monde -Willy Sagnol, Thuram, William Gallas, Eric Abidal-, même si Thuram et Sagnol ont peu joué avec Barcelone et le Bayern Munich, et Gallas est à cours de compétition.

Makelele et Jérémy Toulalan, qui remplacera Vieira contre les Roumains, devraient donner de l'assise à l'ensemble. Ribéry et, sans doute, Florent Malouda seront à la construction. Henry, préservé à l'entraînement, devrait être accompagné en pointe soit de Nicolas Anelka, qui reste sur 22 matches sans but marqué, soit de Benzema au registre beaucoup plus étendu que celui de l'attaquant de Chelsea.

Le jeu roumain ne devrait pas surprendre les Bleus. Sortie première de son groupe de qualification devant les Pays-Bas, la Roumanie, absente des deux derniers Mondiaux et de l'Euro 2004, possède les mêmes caractéristiques que les trois formations sud-américaines rencontrées récemment: elle sait subir, s'adapter, faire déjouer l'adversaire, l'endormir pour mieux le contrer.

«Les grandes compétitions se gagnent sur la concentration des joueurs», a averti Domenech, qui voudrait imiter les Bleus de 1996, tombeurs de la Roumanie 1-0 en ouverture de l'Euro anglais.

«La Roumanie est qualifiée, elle peut battre n'importe qui», avance Piturca.

Comme les Bleus, les Roumains connaissent quelques soucis. Cristian Chivu, le défenseur de l'Inter de Milan, souffre d'une épaule gauche fragile. Et Adrian Mutu, le buteur de la Fiorentina aux 17 buts en Série A, a été condamné vendredi par la FIFA à verser 12 million d'euros de dédommagement à Chelsea pour avoir été contrôlé positif à la cocaïne quand il évoluait en Angleterre.

«Mutu, il est techniquement très fort, il peut faire la différence. Mais il est individualiste comme tous les grands attaquants. Si on le bloque, on bloque les Roumains. Il a fait une grande saison avec la Fiorentina», indique Sébastien Frey, son coéquipier à Florence. (ap)

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