Actualisé 30.12.2007 à 11:55

EURO 2008: les exploitants des stades sont inquiets

L'EURO 2008 n'est pas une poule aux oeufs d'or pour tout le monde. Si L'UEFA table sur un bénéfice d'un milliard de francs, les exploitants des stades s'estiment contents s'ils n'enregistrent pas de pertes.

Stefan Niedermaier, le directeur du Stade de Suisse à Berne, se réjouit de l'événement: «Je souhaite une fête du football pacifique, qui donne une visibilité à notre stade dans le monde entier».

M. Niedermaier est fier que la troisième plus grande manifestation sportive au monde ait également lieu dans «son» stade. Les questions de sécurité ne l'empêchent pas de dormir. Il fait cependant un cauchemar: «que nous perdions de l'argent avec l'EURO».

La crainte est légitime, car UEFA EURO 2008 SA, en tant que société organisatrice, demeure une locatrice exigeante. Certes elle paie, en plus d'une location du stade, un dédommagement pour la mise en oeuvre des mesures de sécurité, ainsi qu'un «bonus en fonction des prestations», en cas de satisfaction des deux parties.

Ces points sont stipulés dans les contrats signés en 2004 avec les exploitants des stades. Les détails ont toutefois été négociés par la suite. «Les exigences arrivent au compte-gouttes», se plaignait récemment le président démissionnaire de la Fondation du Stade de Genève, Jean-Pierre Carera.

Et la liste des souhaits ne cesse de s'allonger. Les exigences dans le domaine de la sécurité, des espaces VIP ou des médias sont nettement plus élevées que lors des matches de qualification de la Suisse pour la Coupe du Monde face à la France et à la Turquie.

Un exemple: le Stade de Suisse dispose de 128 places pour les médias, extensible à 256. Pour l'EURO, 500 places sont exigées. L'espace disponible actuellement étant trop restreint, des travaux estimés à environ 130 000 francs sont nécessaires.

Les demandes des organisateurs se chiffrent en millions. Le montant des coûts n'est pas encore définitif, des négociations sont en cours. Les exploitants des stades de Bâle et de Berne pourront s'estimer heureux s'ils parviennent à équilibrer leurs comptes en juin.

«L'EURO n'est à coup sûr pas lucratif pour nous», affirme Monika User, employée de Basel United, la société qui gère le stade bâlois. Comme les exploitants du Stade de Suisse à Berne, ceux de Bâle espèrent que la manifestation sera rentable en terme d'image.

La situation est différente à Zurich et à Genève, où des fonds publics ont dû être investis. Les autorités zurichoises ne se prononcent pas sur leur contrat avec l'UEFA. Elles font toutefois remarquer que le peuple n'a pas seulement accepté un crédit de 110 millions de francs en 2005 pour la construction du nouveau Letzigrund, mais qu'il a également donné son aval à un crédit de 11,3 millions pour des aménagements provisoires liés à l'EURO.

Les politiciens genevois se montrent quant à eux irrités par la hausse des coûts. Le président de la Fondation du Stade de Genève Jean-Pierre Carera a dû donner sa démission sous la pression du gouvernement, pour ne pas avoir bien estimé les coûts des travaux d'adaptation du stade. La facture a pris l'ascenseur en deux ans. De 3,6 millions en 2005, elle est passée à 14,6 millions aujourd'hui.

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