Evacuation des squats «trop musclée»
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Evacuation des squats «trop musclée»

Près de deux mois après l'évacuation du squat Rhino à Genève, la Ligue suisse des droits de l'homme (LSDH) revient sur cette procédure jugée «illégale» dans un rapport détaillé.

Les défenseurs des droits de l'homme dénoncent aussi un dispositif policier disproportionné.

La police ne considérait plus les manifestants comme tels, mais comme des émeutiers, écrit la LSDH dans son rapport publié jeudi. La Ligue soulève la question de la proportionnalité du dispostif policier. Elle souligne le nombre de policiers en service, l'intensité de l'usage des canons à eau et des gaz lacrymogènes.

Selon les défenseurs des droits de l'homme, l'intensité de l'action de la police a été perçue comme une démonstration de force provocatrice. Des témoignages recueillis attestent de violences policières à l'encontre de plusieurs manifestants

Pas de mauvais traitements

En revanche, rien à signaler du côté des interpellations. Les habitants de Rhino n'ont subi aucun mauvais traitement, tant à l'intérieur des immeubles squattés qu'à l'Hôtel de Police où ils ont été auditionnés.

L'autre critique de la LSDH porte sur le détournement du droit genevois pour procéder à cette évacuation, a précisé à l'ATS Damien Scalia, président de la ligue. L'opération a violé les normes du droit international notamment en bafouant le droit de recours des habitants, estime-t-il.

La LSDH demande qu'une enquête fasse la lumière sur les responsabilités dans le cadre des procédures juridiques et policières utilisées. Elle sollicite aussi un entretien avec le président du Conseil d'Etat Charles Beer, le procureur général Daniel Zappelli et la cheffe de la police Monica Bonfanti.

Violences policières

L'évacuation d'un immeuble squatté à la rue Saint-Jean, le 29 août, est aussi dans la ligne de mire de la LSDH. Plusieurs témoignages rapportent des violences de la part des policiers à l'intérieur du squat et aux alentours. Ils évoquent des coups de matraques et une garde à vue mouvementée. Vu la gravité de ces allégations, la LSDH demande l'ouverture d'une enquête.

Les violences policières à Saint-Jean ont déjà fait l'objet d'une dénonciation de la part de l'Observatoire des pratiques policières (OPP). (ats)

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