Sécurité énergétique: Eviter la panne générale grâce aux génératrices de secours
Publié

Sécurité énergétiqueÉviter la panne générale grâce aux génératrices de secours

Une élue PLR veut étudier le potentiel des centrales à diesel de secours, présentes par exemple dans les hôpitaux pour assurer l’approvisionnement en électricité en Suisse.

Image d’illustration.

Image d’illustration.

Moritz Hager

Le Conseil fédéral a présenté, en février, une stratégie d’approvisionnement électrique en cas de pénurie se fondant sur la mise en service de nouvelles centrales à gaz. Une solution présentée comme neutre du point de vue du climat, mais que les milieux écologistes fustigent, craignant que cette solution de secours ne devienne permanente.

Comme le rapporte le «Tages-Anzeiger», une idée encore jamais évoquée a été posée sur la table par la conseillère nationale Susanne Vincenz-Stauffacher (PLR/SG). Elle demande au Conseil fédéral de réaliser une étude sur la possibilité d’utiliser les génératrices de secours, généralement alimentées au diesel et installées par exemple dans les hôpitaux, les centres de données ou encore les chambres froides. L’élue pense que, si ces ressources se révèlent suffisantes pour éviter une grosse panne en cas de coup dur, il serait possible de faire des économies en évitant de construire à double un système de secours en Suisse.

Difficile dans la pratique

Même si ces génératrices sont prévues habituellement pour dépanner localement des installations durant une courte période, cette énergie aurait un potentiel d’exploitation plus large, selon les informations du «Tages-Anzeiger». Certaines sont déjà raccordées au réseau et, d’après un rapport du Conseil fédéral datant de 2014, la puissance potentielle que peuvent produire toutes ces génératrices est de 2000 mégawatts, soit deux fois plus que les nouvelles centrales à gaz prévues. De plus, depuis la publication du rapport, de nombreux centres de données se sont encore implantés en Suisse. La Commission fédérale de l’électricité (Elcom) estime d’ailleurs que le «potentiel théorique» existe pour faire face aux situations de pénurie d’électricité avec de telles génératrices.

Dans la pratique, plusieurs spécialistes interrogés dans le «Tages-Anzeiger» se montrent sceptiques: ces installations ne sont pas conçues pour fonctionner en permanence, difficile d’imaginer les propriétaires de ces installations les mettre à disposition alors même qu’elles servent à protéger leurs propres infrastructures, ou encore la pollution de l’air est évoquée.

Christian Zeyer, de Swisscleantech, pense que malgré tout, une mise à niveau de ces installations pour qu’elles puissent fonctionner en cas de panne en Suisse serait moins coûteuse que de mettre en service de nouvelles centrales à gaz. Le fournisseur Axpo ne veut pas non plus fermer la porte à cette idée, qu’il qualifie de «tout à fait digne d’être examinée».

Mieux préparé

Le Conseil fédéral a annoncé, mercredi matin, se doter d’un nouveau système de monitoring, qui lui permettra d’identifier précocement un risque de pénurie d’électricité et de réagir en conséquence. De plus, une organisation d’intervention en cas de crise sera mise sur pied dans le secteur gazier, en prévention d’une potentielle pénurie. Le Conseil fédéral a approuvé les adaptations juridiques nécessaires par voie d’ordonnance. Le système de monitoring qui sera mis en service à la fin de l’année fournira notamment des informations sur la situation actuelle de l’approvisionnement et du marché en Suisse ainsi que des analyses permettant de déterminer la capacité d’autoapprovisionnement électrique de la Suisse.

(jba)

Ton opinion

8 commentaires